Seminaire de printemps 2013: No Tension/No Waza

Manu aka KFM Posted in Arts martiaux, Aunkai
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Lors du précédent séminaire, j’ai eu le sentiment d’avoir reçu le meilleur de l’enseignement de sensei, je me trompais, il a mis la barre encore plus haut et nous a dévoilé un nombre considérable de subtilités. Je vais essayer de faire le tour de ces différents apports pour vous permettre d’en profiter.

Combat de samouraï par Hiroshige

 

1)      Osameru

Ce terme japonais, qui signifie « rengainer » en parlant d’un sabre, est revenu constamment dans l’enseignement de sensei. Il met ainsi l’accent sur le rôle de la hanche dans sa méthode mais d’une manière bien particulière. Ce qu’il faut en retenir est assez simple, ce n’est pas tant la mécanique de la hanche qu’il faut garder à l’esprit mais comment son ouverture ou sa fermeture contribue aux connections entre le haut et le bas du corps.

Mon exemple est assez parlant pour expliquer ce principe. J’avais bien conscience d’une difficulté certaine à connecter le haut et le bas du corps et du coup je portais une attention considérable au positionnement du bassin, c’est une erreur que je connais pourtant bien : en aunkai, le résultat ne découle jamais d’une mobilisation d’une partie du corps mais de l’harmonisation du corps dans sa globalité. Bref, je mobilisais plus ou moins consciemment cette région et il en résultait une crispation et une fermeture de mes plis inguinaux, en bref j’étais fermé et crispé alors qu’il faut être ouvert et relâché.

La leçon pour le pratiquant est simple, ne pas porter son attention sur une partie du corps et chasser la moindre crispation. Dans le cas présent de l’exercice, l’idée est d’ouvrir la hanche du côté jambe arrière, non pas pour des raisons mécaniques mais pour permettre une connexion efficace entre le haut et le bas du corps.

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Notez le premier essai totalement foireux (crispation des épaules, propulsion avec la jambe arrière) ce n’est qu’au deuxième essai que ça se passe à peu près correctement

 

2)      No tension/no waza

Cette réflexion découle directement du point précédent, l’aunkai c’est un art tout en finesse ou la moindre crispation nuit à la lecture des forces que l’adversaire tente de vous appliquer. La crispation est donc l’ennemi N°1 du pratiquant, si vous êtes crispé, la force trouve une prise sur vous, elle s’applique et déstabilise. A l’inverse, le corps une fois relâché et connecté permet un « écoulement » de la force adverse et donc la neutralise. L’image que j’utilise est celle de la lance à incendie, si vous faites des nœuds à un tuyau, la pression va s’arrêter à cette hauteur et s’appliquer à cet endroit, si le tuyau est du bon diamètre et délié, l’eau va s’écouler sans rencontrer d’obstacle. Le travail du pratiquant peut se résumer à cette image, relâcher pour délier les différentes crispations à l’intérieur du corps (épaules, bassin etc) et connecter les différentes parties du corps pour que de plus en plus de force soit capable de s’écouler de plus en plus facilement.

A aucun moment le pratiquant d’Aunkai n’applique donc un Waza, une technique, il ne fait que maintenir le corps connecté face à une contrainte, l’attaque de l’adversaire. Pour aller plus loin dans cette réflexion, c’est quasiment l’adversaire qui vous fait bouger et même plus l’attaque qui crée une réaction, c’est assez proche d’une danse de salon où il faut être constamment à l’écoute de son partenaire pour savoir dans quelle direction bouger.

 

3)      Tout est bon dans le Maho

Dire que l’Aunkai se limite à Maho c’est un peu radical, par contre affirmer que vous pouvez le pratiquer sans jamais perdre votre temps, là par contre c’est une certitude. Le nombre de fois où sensei nous a expliqué tel ou tel exercice en précisant « c’est comme maho » ne se compte plus et effectivement, l’Aunkai se limite à peu de chose près à être capable d’appliquer des contraintes de plus en plus importantes sur la structure qui se crée en pratiquant Maho. Certes à un moment donné il faut mettre en mouvement la structure mais les paramètres à maintenir sont bien ceux construit à travers la pratique de cet exercice.

 

4)      L’aunkai une discipline en droite ligne des Koryu ?

Plus je pratique et plus sensei nous montre des exercices qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ce qui pourrait se pratiquer dans ce que j’imagine une école traditionnelle. Les analogies avec le travail de la lance sont nombreuses, nous les connaissions déjà, cette fois c’est le travail du sabre qui a été mis en avant. Sensei va jusqu’à dire « c’est comme le sabre » pour expliquer certains exercices (monter/descendre notamment). Pour ma part et c’est ce que je vous invite à en retenir, je pratique avec beaucoup d’assiduité les Suburi (exercices de « coupe » avec un bokken lesté), en particulier pour être capable de « prendre à l’intérieur » c’est-à-dire sentir comment une force appliquée à l’extrémité des bras peut se transmettre jusqu’au centre de gravité.

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Matsuba Kunimasa, extrait de son DVD « Himuka Gekken Juku »

La démonstration ci dessus est parfaitement irréalisable sans une parfaite connexion du haut et du bas du corps, sensei préconise de s’entrainer au max avec un suburi d’un peu plus d’un kilo (le deuxième utilisé dans la vidéo ci dessus), à l’inverse certains considèrent que plus c’est lourd mieux c’est.

Différents types de Furibo

Pour ma part j’ai testé avec un Furibo de 3 kg et j’ai tendance à me ranger du côté de ce dernier avis, avec un poids conséquent, la moindre erreur de connexion se ressent de suite et le travail est d’un exigence et d’une finesse plus importante qu’avec un suburi plus léger qui « dissimule » plus les erreurs de connexions.

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En deuxième partie de cette video, une démonstration de sensei de ce type de travail

 

En conclusion

Pour la première fois j’ai le sentiment que sensei dévoile les origines de sa méthode: une formation du corps qui émane en droite ligne des arts traditionnels japonais avec un recours de plus en plus fréquents aux armes (lance, sabre) non pas en tant que telles mais en tant qu’outils au service de sa démarche.

Un grand merci à toute l’équipe des « anciens » pour avoir mis la main à la pâte, l’ambiance était comme toujours au rendez vous (sans doute plus que d’habitude mais chut ;) )

 

A bientôt

 

Manu

 

 

Stage le 18 mai

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Alors que le temps (et le courage) me manquent pour écrire toutes les perspectives qui se sont ouvertes à l’issue du dernier Masterclass avec Akuzawa sensei, je me lance néanmoins dans l’organisation de mon dernier stage de la saison.

Au départ, je pensais me « contenter » des basiques néanmoins sensei insiste pour que j’y insère aussi les applications. Ce dernier stage va donc faire la part belle à un travail plus appliqué, notamment (et c’est le pourquoi de l’affiche) au travail de la hanche dans les percussions.

C’est donc « en live » que j’aurais le plaisir de restituer une modeste partie des enseignements récents.

 

A bientôt

 

Manu

Aunkai, le stage parisien…

Manu aka KFM Posted in Aunkai
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Même si l’Aunkai est une pratique essentiellement personnelle, la possibilité de pratiquer à deux et plus particulièrement sous le regard du maitre est une occasion à saisir absolument. Je ne compte plus le nombre de fois où le « toucher magique », cette légère correction d’une posture inadaptée, m’a permis de passer un palier. Au delà des exercices que sensei nous fait pratiquer ou nous fait découvrir, c’est bien dans le regard qu’il porte sur ses élèves et dans les corrections qu’il apporte, que réside la plus value de ses visites.

Une vue du rivage d’Izu, extrait de la série « les 36 vues du Mont Fuji » d’Hiroshige

 

Stage parisien:

FIGHT TIGER CLUB

Gymnase Théophile Gauthier – sous le lycée St James – métro 1: Pont de Neuilly

39, rue de Longchamp 92200 Neuilly sur Seine

Le samedi 27 Avril de 14h à 18h30

Le dimanche 28 avril de 09h à 12h et de 14h à 17h

 

 

Stage complet 85 euros en pré-réservation (06 32 79 70 74) 100 euros le jour même, 70 euros la journée, 45 euros la demi-journée.

Pour la pré-inscription, le formulaire se trouve sur le site de Kiaz: http://laquetedekiaz.com/2013/02/17/masterclass-et-formation-intensive-daunkai-en-avril-2013/

Au programme:

1) Construire la structure du corps
2) Placer sa respiration
3) Bouger en gardant les connexions
4) Mécanismes du corps pour contrôler son partenaire
5) Techniques avec partenaire, utilisation notamment du couteau
Tout un programme….pour ma part, j’organise en préambule de sa venue, un stage le samedi 16 mars, de 14h à 17h au même endroit.
A bientôt !!

 

 

Retour d’expérience

Manu aka KFM Posted in Aunkai
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Enseigner l’Aunkai c’est faire comprendre une autre perspective du mouvement, de l’équilibre et au final du martial. Je craignais d’avoir du mal à faire passer toute la richesse de la méthode de sensei, visiblement ça ne c’est pas si mal passé que cela. Je laisse la parole à Pascal, un des participants qui m’a fait le plaisir de relater son expérience sur un forum bien connu des pratiquants: Kwoon info

Une des magnifiques oeuvres d’Hiroshige, le maitre de l’estampe extrait de la série « les 53 étapes de la route Tokaido »

Messagepar Pascal » 10 Dim Fév , 2013 16:51

L’ami Kungfumaster (Manu IRL), instructeur autorisé par Akuzawa Sensei, a organisé samedi dernier (le 9/2) un premier stage de 3 heures pour un première présentation de l’Aunkai, cette discipline « austère mais efficace » dont l’on discute abondamment sur kwoon (près de 2.000 messages sur ce fil) et ailleurs. 

Pour ceux qui veulent une opinion autorisée, les blogs de KFM (ici) et de Kiaz (ici) sont des sources incontournables.

Pour les autres, mon premier retour d’expérience, un peu long parce que c’était bien. Mais vous pouvez passer directement à la dernière ligne :mrgreen:

L’aunkai n’est pas révolutionnaire : c’est une méthode de formation corporelle adaptée à l’art martial, au plus spécifiquement au combat. L’idée est de développer des qualités qui permettent de frapper fort, d’encaisser (en fait de rediriger la force) et de se déplacer vite. Outre que ces qualités sont assez universelles, les méthodes de construction se retrouvent par ailleurs, notamment dans les AM internes chinois.

L’aunkai est explicite : En revanche, et c’est probablement le gros point fort de la méthode, le discours est simple, les moyens mis en oeuvre clairs (relâchement + gainage + déséquilibre – je reviendrais sur ce point). Les bénéfices sont démontrés en termes bio-mécaniques, sans discours ésotérique.

L’aunkai est simple et adapté à une pratique solitaire -non, moi-meme : peu d’exercices, peu de travail de mémorisation… Pour reprendre l’expression de Manu, « c’est la boxe thai de l’interne ». Une approche qui correspond aux attentes des pratiquants pragmatiques, qui s’intègre et complète d’autres approches, plus stratégiques.

L’aunkai est (très relativement) rapidement opérationnel: Très relativement, parce que, selon Manu, les premiers vrais progrès arrivent au bout d’un an et on commence à avoir une amélioration plus profonde de la pratique (régulière, évidemment) au bout de 3 ans. Lui dit avoir mis 6 ans, non parce que c’est une tanche, mais parce que la première génération de pratiquants a essuyé les plâtres (j’y reviendrais aussi). Quand on voit le niveau d’une majorité de pratiquants d’AMI au bout de 3 ans, oui, on peut considérer ça comme plutôt rapide.

Le stage
C’était bien. Et même très bien :bow: :bow: :bow:

Manu est tout d’abord crédible, je rappelle qu’il est ceintune noire en Hung Gar et instructeur de Pençak FISFO, qu’il a pas mal pratiqué les boxes pieds-poings, notamment chez Orlando Wiet. Donc, s’il dit qu’il n’a jamais vu quelqu’un taper comme Akuzawa, on peut le croire sur parole.

C’est aussi un passionné, un pratiquant impliqué et un bon pédagogue. Il détaille beaucoup et revient sur le temps qu’il a mis à comprendre certaines des indications d’Akuzawa (japonaises donc spartiates, aussi étonnant que cela puisse paraître géographiquement :D ). Si l’on ajoute que la méthode elle-même est jeune et en évolution permanente, on comprend l’intérêt qu’il y a commencer maintenant et à bénéficier des indications de ceux qui ont déjà pas mal déblayé le chemin.

On peut notamment constater que certains doutes sur l’absence d’effets secondaires négatifs de l’aunkai, au vu des premières vidéos qui circulaient (et circulent encore) sur le Net, ne sont plus fondés, notamment au niveau des genoux.

Pour cette première séance, on n’a travaillé « que » 3 exercices de l’aunkai, maho, tenchijin et les fameux push-out.

La grande originalité de l’aunkai est de pratiquer des postures à la limite du déséquilibre, ce qui induit une tonicité (mais, idéalement, pas de tension) intéressante. D’une part parce que c’est un moyen de vérifier que l’on « travaille », à la différence de pas mal d’approches internes où on peut facilement rester dans le mystico-gélatineux (copyright Georges Charles).

Par ailleurs, tout mouvement n’étant qu’un enchaînement de déséquilibres, on peut intuiter que cette approche va permettre de gagner en rapidité. Dernier avantage, l’aunkai est aussi une bonne méthode de renforcement musculaire du bas du corps (oui, le muscle, ce n’est pas sale)

Manu prévoit d’animer des séances de ce style sur une base régulière (tous les mois peut-être). Je ne peux que recommander à tous ceux qui s’interrogent sur l’intégration dans leur pratique, quelle qu’elle soit, d’une formation corporelle globale, d’aller faire un tour. A minima, ça permettra de satisfaire la curiosité, mais ça peut aussi fournir une boîte à outils facilement incorporable à sa routine régulière.

Dernier point, excellent esprit des participants, une petite douzaine, dont pas mal de pratiquants de Pençak dont on ne peut que louer l’ouverture d’esprit, et un seul autre kwooneux, l’excellent Lorenzo, dont je ne dirais qu’une chose : il est encore mieux en vrai que sur le forum. :D

En résumé, je laisse la conclusion à Manu :
« Si vous choisissez cette voie, ne vous inquiétez pas le chemin va finir par s’ouvrir »
Evidemment, ça m’a parlé :D

J’annoncerai très prochainement la partie parisienne du passage de sensei au mois d’avril,
à bientôt

Stage d’Aunkai le 16 mars 2013

Manu aka KFM Posted in Aunkai
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Suite au succès du premier épisode, je propose donc un deuxième stage d’Aunkai le 16 mars 2013. (attention au changement d’horaires, 13h à 16h au lieu de 14-17)

Mon programme restera axé sur les bases (mais en même temps l’Aunkai ce n’est pas grand chose d’autre !!), maho, push out et TCJ, en m’attardant un peu plus sur ce dernier exercice. J’introduirai les premiers exercices destiné à mettre la structure en mouvement, à un niveau très basique bien sur et je présenterai un plus ma perception de la progression en Aunkai.

 

 

Les modalités restent les mêmes, de 13h à 16h, au fight tiger club, gymnase théophile Gauthier, rue de Longchamp à Neuilly sur seine.

Stage d’hiver le 09 février

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Récemment autorisé à enseigner la méthode de sensei, je me lance donc pour mon premier vrai stage en Aunkai.

Le programme sera simple: les bases (maho, push-out, TCJ) et surtout les clés pour pratiquer seul: quels exercices pratiquer, quels paramètres à garder à l’esprit, quelles précautions à prendre etc etc. Mon ambition est d’emmener les pratiquants sur un chemin plus jalonné que ce qu’il a été pour les « essuyeurs de plâtre » dont je fait partie.

Selon la fréquentation et les possibilités de chacun, j’organiserai des stages réguliers pour permettre au groupe de progresser tout au long de l’année.

 

A bientôt

 

Manu

Séminaire d’automne….

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Tout est calé (ou presque) Akuzawa Minoru Sensei nous fait une fois encore le plaisir de venir nous enseigner l’Aunkai. Il sera à Brest le 09 et le 10 novembre, à Nantes le 11, à Lille le 12, chez nos chers amis Bruxellois les 13 et 14 et enfin à Paris pour une formation intensive (ouverte à tous néanmoins) et un stage tout public qui se dérouleront:

Formation intensive

Au « Fairplay sport » (5 cité champagne, 75020 Paris, métro maraichers ou bus 26)

Le jeudi 15 de 13 à 17h

Le vendredi 16 de 09h à 12h et de 13h30 à 17h

Stage tout public

Au « fight tiger club » (Gymnase du lycée St James, 39 rue de Longchamp à Neuilly sur seine, métro ligne 1 arrêt Pont de Neuilly)

Samedi 17 de 14h à 18h30

Dimanche 18 de 09h à 12h et de 14h à 17h30

Les tarifs, modalités d’inscription et autres renseignements vous seront communiqués dès que possible.

Un grand merci à toutes les bonnes volontés sans lesquelles cette aventure ne serait pas possible !!

 

Au coeur de Push-out

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Si il y a un exercice que je trouve passionnant et très formateur en Aunkai c’est bien « push-out ». Décris par sensei comme un des exercices fondamentaux de sa méthode, ce n’est pas un hasard si il sert régulièrement à évaluer les progrès des pratiquants.

Gardien Nîo

Malheureusement « push-out » est un exercice à deux et trouver un partenaire est parfois difficile, lors du dernier séminaire je me suis demandé si il n’était pas possible de remplacer la pression exercée par le partenaire par ….. des élastiques de fitness. J’ai alors posé la question à sensei qui m’a répondu le plus naturellement du monde « bien sur ». L’idée était lancée.

Après plusieurs mois d’essais intensifs, je vous livre le fruit de mes réflexions.

Le matos: pour faire simple, une paire d’élastiques de fitness achetés chez décathlon (35 euros la paire), éventuellement une barre de traction pour mettre en travers d’une porte (mais n’importe quel autre point fixe peut faire l’affaire, même un poteau ou un arbre) et vous voilà prêt à bosser

L’exercice: Même si cela semble trivial, il y a un piège dans lequel il ne faut pas tomber. Le principe de push out dans cette version est de résister à une force qui tend à vous faire tomber en arrière, naturellement vous aurez tendance à vous pencher en avant, bien évidemment c’est très préjudiciable à la qualité de l’exercice. Vous devez au contraire vous laissez tirer vers l’arrière jusqu’à ce que les orteils soient difficiles à maintenir au sol.

Position de départ

Le plus simple pour démarrer est de tricher ostensiblement en se penchant vers l’avant bras tendu puis de se laisser tirer doucement vers l’arrière jusqu’au fameux « point G » de l’Aunkai: le point de déséquilibre

Position de « travail »

Après plusieurs essais, je me suis rendu compte que cet exercice est bien plus intéressant en statique qu’en dynamique. En d’autres termes, faire push-out normalement (en pompant avec les bras) ne génère pas un travail aussi fin qu’en statique (après chacun est libre d’essayer les deux versions).

Fort de cette première expérience enrichissante, je me suis penché sur les variations possibles autour de cet exercice. Logiquement j’en suis arrivé à travailler « à l’envers » pour solliciter non pas les chaines posturales antérieures (qui n’empêchent de tomber en arrière lors de push out) mais les chaines postérieures (pour m’empêcher de tomber en avant)

« Row-in » l’inverse de push-out

Cette fois pour une exécution correcte, ce sont les talons qui doivent être difficiles à maintenir au sol.

Dans ces deux exercices, je trouve le statique plus constructif dans le sens ou il permet de se concentrer sur les connexions et le relâchement. A mon humble avis, le travail en dynamique ne doit venir que dans un deuxième temps. Dans tout les cas, ils permettent d’accéder au coeur du travail de push-out, le fameux moment où vous êtes sur le point de tomber.

Bien évidemment les élastiques permettent de s’adonner à d’autres exercices:

« Age-te » évidemment

Mais aussi « Ashi-age », ici vu de dos en position de départ, l’élastique vous contraint à exagérer le « stretch » des bras

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Et pour finir une forme de « breathing-maho » avec élastiques

 

Voilà, pour conclure j’adresse une petite pensée à tout les anciens, qu’ils se soient entrainés à Brest, Alès ou tout simplement chez eux !! Je vous retrouve tous avec plaisir dans quelques temps pour d’excellents moments j’en suis sur, et ça ne sera pas du luxe parce que mon quotidien ressemble plutôt à ça en ce moment ;)


 

Le virage de l’Aunkai…..

Manu aka KFM Posted in Aunkai, Débuter en Aunkai
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Une fois encore sensei nous à mis une sacré claque: nouveaux exercices, approfondissement des basiques, pédagogie plus accessible etc, bref du tout bon, sans doute une de ses meilleures interventions en France.

Une estampe d’Hiroshige illustrant l’Aunkai: la beauté dans la simplicité

J’ai rejoins sensei à Bruxelles, auprès de nos chers amis d’ACEPO: robert et stéphane dont je salue une fois encore la gentillesse et l’extraordinaire ouverture d’esprit. Sensei à déjà quelques heures de stage dans les jambes mais toujours autant d’énergie, il faut souligner que la fréquentation à Brest et à Arras était remarquable, grâce au travail de Tangi et Tanguy (Brest) et Jean-claude (Arras).

D’entrée de jeu le ton est donné, pour approfondir le travail sur le corps, c’est à travers le Jo, le baton d’1m80 que nous allons travailler. C’est sans doute là que sensei à remarquablement pensé sa pédagogie: il nous à proposé des exercices « à tiroir » les débutants pouvait se concentrer sur la base tandis que les plus avancés pouvaient y trouver leur compte en se focalisant sur des connexions plus fines. C’est le cas de l’exercice ci dessous, assez proche des tanren à la lance.

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Cet exercice d’apparence simple, cache en fait un véritable cauchemar de connexions à maintenir. L’idée est ici de maintenir les deux « Juji » sur le même plan (pour simplifier, maintenir la ligne des épaules parallèle à la ligne des hanches), tout en maintenant les autres connexions en place (l’arche au niveau des jambes, les trois axes et l’étirement/relâchement de la colonne vertébrale), le tout sans crisper au niveau des bras et des épaules…. facile !!

Le travail au bâton n’est pas une nouveauté dans l’aunkai, le voir pratiqué à deux ne m’a donc pas surpris. Là ou je me suis fait surprendre c’est dans l’apparition d’exercices qui sortent de la méthode habituelle de sensei et qui visiblement proviennent de son passif en Xin yi quan.

Une des principales innovations de l’aunkai par rapport à d’autres méthodes est l’utilisation des tensions de déséquilibre contrôlés. Maho en est un des exemples les plus simples à comprendre: en se mettant en déséquilibre, le pratiquant suscite des tensions dans le corps qui vont être identifiées, puis relâchées au fur et à mesure de l’expérience jusqu’à s’écouler naturellement à travers le corps. C’est ainsi qu’un pratiquant un peu avancé est capable de rester sur place face à des pressions conséquentes: lorsqu’il subit une poussée plutôt que de résister, il la laisse s’écouler à travers les connexions qu’il aura identifié lors de sa pratique.

 

Un exemple avec sensei, la tension appliquée par Manabu s’écoule naturellement jusqu’au sol

A l’inverse, le pratiquant de gauche maitrise moins bien son schéma corporel, les épaules sont légèrement crispées et la tête penchée en avant accentue les courbures naturelles de la colonne vertébrale

Pour résumer, dans push-out, vous vous sentez poussé au niveau de vos « blocages », le plus souvent pour les débutants à hauteur des épaules (cripsation) ou à hauteur de la jonction dorso-lombaire (étirement incomplet de la colonne vertébrale).

Bref, travailler le corps, le forger à travers l’expérience de ces tensions (que ce soit la gravité dans maho ou la pression exercée par un partenaire dans push-out) me semblait donc la pierre angulaire de l’Aunkai, j’avais tort et sensei allait me le prouver à travers un exercice comme toujours d’apparence simple mais cachant des abysses de complexité: Tenchi-wake

 

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Pour ceux qui voudrait s’y risquer, voilà les consignes que ma transmis Manabu-san:

1) Séparez le ciel et la terre dans le mouvement d’ouverture (comme dans STJK), étirez la colonne, laissez tomber le bassin

2) Tournez vous en prenant garde de maintenir les deux juji (épaules et ligne de hanche sur le même plan)

3) Tout en respectant les points 1 et 2, gardez l’arche (la tension qui parcours l’intérieur des jambes)

Si sensei nous à montré cet exercice, ce n’est dans mon cas, pas un hasard. Lors du check du dimanche après-midi, il m’a donné deux pistes de travail. La première porte sur la prise de conscience et la coordination des 3 axes, (shiko, maho gauche-droite etc) mais surtout sur le travail conjoint des deux juji (maintenir les connexions épaules-tronc-bassin simultanément). Pour comprendre mon propos, regardez dans la video ci dessus comment Manabu-san pivote d’un seul bloc depuis l’épaule jusqu’au pied, il maintient ses connexions tout au long du mouvement. Si cet exercice semble simple, essayez, vous allez comprendre !!

Sans être une révolution, ce dernier Masterclass amorce donc un virage intéressant en incorporant des mouvements issus des arts internes chinois et ouvre par la même occasion d’autres perspectives de travail.

Un dernier mot sur l’ambiance, l’Aunkai en france, c’est devenu une petite famille sympa, décontractée mais studieuse. Retrouver tout les anciens et accueillir de nouveaux pratiquants est une expérience humaine d’une grande richesse, j’espère tous vous revoir bientôt !!

A-Un par Manabu-san et Christophe à Bruxelles (je dissipe un doute, ce n’est pas un exercice mais plutôt l’effet des breuvages locaux !!)

Sensei et sa nouvelle paire de lunette (Robert d’Acepo est opticien et ne supportait plus de le voir avec « des lunettes de merde »)

Nori, jamais surprise par un objectif

Et enfin Manabu-san et son éternelle bonne humeur

Merci à tous pour tout ces bons moments, à bientôt !!

Manu

Maho, le fondement de l’Aunkai

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Pratiquer l’Aunkai, c’est se lancer dans une espèce de voyage intérieur à la découverte de notre propre corps. La tâche est énorme et semble sans fin, tant chaque progrès dévoile de nouvelles perspectives de travail.

Hokusai: « le pont suspendu entre Hida et Etchu », un autre chemin semé d’embûches !!

Une chose est sûre, la méthode d’Akuzawa sensei s’articule autour de quelques mouvements seulement: Push-out, Tenchijin et Maho. Pour permettre à des personnes désirant s’initier à l’Aunkai de trouver matière à travailler, je vais essayer de traiter ce dernier exercice de la manière la plus large qui soit.

Maho, les versions basiques:

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Une démonstration de Maho et d’une de ses variantes: « breathing maho »

Je n’arrive pas à concevoir une séance dans laquelle je ne pratiquerais pas Maho dans sa forme la plus élémentaire à savoir celle démontrée dans la vidéo ci dessus: la version statique debout.

Les points clés sont les suivants:

- Relâchez jusqu’à ce que l’essentiel de la tension soit localisée autour des plis inguinaux (ca ne vient pas du jour au lendemain)

- Etirez la colonne vertébrale (la tête est tirée par le haut, le bassin tombe vers le sol)

- Cherchez le déséquilibre, vous devez toujours être sur le point de tomber en arrière (un point déjà abordé dans un article précédent  http://www.guanyuan.fr/?p=231)

Pour breathing Maho (la version en descendant et en synchronisant la respiration) les points clés sont les mêmes sauf que vous ajoutez la synchronisation de la respiration: j’inspire en montant en essayant de me grandir à travers la colonne vertébrale, j’expire en descendant en ramenant la respiration le plus bas possible vers le centre. Pour plus de détail sur la respiration, voir cet article http://www.guanyuan.fr/?p=455

Petit à petit les connexions vont s’établir (6 mois à peu près de traversée du désert avant de ressentir les premiers résultats). Pour ma part, la première à s’installer a été l’axe central, plus particulièrement la sensation que la colonne vertébrale devient un axe fort, puis l’arche (la tension qui parcours l’intérieur des jambes, objet d’un précédent article http://www.guanyuan.fr/?p=262 )

Culturellement les japonais estiment qu’il faut 3 ans pour comprendre un sujet, ca me semble particulièrement vrai pour maho, il n’y pour ainsi dire rien d’autre à faire si vous voulez construire une base saine en Aunkai. Ca ne veut pas dire que vous ne devez rien pratiquer d’autre, simplement cela sera probablement moins rentable que Maho.

Maho, les versions avancées:

Après la version statique, une version particulièrement intéressante pour étendre la sensation d’une colonne vertébrale forte jusqu’au sol: Maho « arrière ».

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Une version de Maho visant à travailler les connexions à l’arrière du corps

Vous excuserez l’exécution un peu hésitante, mes pieds s’enfonçaient dans  le sable au fur et à mesure ;)

Les points clés:

- Les mêmes que pour maho en version statique (relâchement, étirement, déséquilibre en position centrale)

- Bougez de gauche à droite en essayant d’initier le mouvement à partir de l’ouverture-fermeture des plis inguinaux (plus facile à dire qu’à faire !!)

- Etirez du talon au sommet du crâne

 

Abordée lors d’un Masterclass en 2010, l’exercice suivant à par la suite complètement disparu. J’en suis d’autant plus perplexe que sensei nous l’avait chaudement recommandé. Bref, il s’agit d’une version avancée de l’exercice précédent qui en plus des connexions arrière permet de prendre conscience des axes latéraux.

Rappel des différentes connexions qui parcourent le corps

 

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Une version de Maho travaillant l’axe central et les axes latéraux

Les points clés:

- Idem que pour maho et maho « arrière »

- Ne prenez pas une position trop large ou vous risquez de mettre vos genoux en porte-à-faux

- Tirez bien le pied vers vous lorsque vous vous penchez en arrière

- Gardez le regard à l’horizontale

 

Suivant avec beaucoup d’assiduité les conseils de sensei, je me suis pas mal investi dans cet exercice jusqu’à ce que je me rende compte qu’un défaut d’exécution avait tendance à me bousiller les genoux. J’ai donc réfléchi à une manière d’isoler une partie du travail pour bénéficier des mérites de l’exercice sans pour autant mettre mes articulations en péril. J’en suis arrivé à cette version de maho, qui après quelques mois de pratique me semble particulièrement intéressante.

 

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Une version plus simple que Mao « avant-arrière » qui permet de mettre l’accent sur l’ouverture-fermeture des Kua

 

Les points clés:

- idem que pour maho

- Bougez le corps uniquement à partir des plis inguinaux !!!

- Concentrez vous sur l’impression d’ouverture et de fermeture des Kua

- Gardez le déséquilibre en permanence

- Prenez quelques instants lorsque le Kua est complètement fermé pour ressentir les tensions au niveau de l’axe latéral

D’une manière assez surprenante, c’est un exercice d’une très grande intensité qui mobilise énormément les Kua.

 

Si vous souhaitez commencer ce long voyage qu’est l’Aunkai, vous avez à présent du « grain à moudre ». Bien évidemment, rien ne remplace le regard du maitre et je ne saurai que trop vous inviter à participer au prochain Masterclass !!