Bouger selon les axes

Manu aka KFM Posted in Arts martiaux, Débuter en Aunkai
18

Difficile de faire un retour d’un séminaire aussi riche: Sensei nous a gâté, il est venu les valises pleines de nouveaux exercices et surtout avec une pédagogie plus adaptée à ses élèves français. Au final deux thèmes ont émergés de ce séminaire: prendre la force à l’intérieur de soi et surtout bouger selon les axes.

Une vue du mont Fuji par Hiroshige

 

La bonne nouvelle c’est que le travail paye. L’an passé je constatais avec dépit mon retard, au bas mot deux ans entre un séminaire et sa compréhension. Ce séminaire est le premier où le travail proposé par sensei me semble à ma portée, j’encourage donc ceux qui se lancent dans l’aventure à persévérer, accrochez vous, vous finirez pas y arriver !!

J’ai choisi de changer mon point de vue par rapport à mes CR, plutôt que d’expliquer les exercices que sensei nous a présenté, je vais plutôt tenter d’expliquer les pré requis nécessaire pour pouvoir ensuite les pratiquer.

Prendre à l’intérieur de soi

Même si ce thème me semble plus en retrait que le deuxième, il était bien présent au long des différents stages que sensei a dispensé, que signifie t’il exactement ?

La capacité à « Prendre à l’intérieur de soi » est l’expression d’une structure et d’une qualité de relâchement que j’appelle le « tuyau ». Les différents Tanren de l’aunkai visent à construire une structure unifiée et relâchée à travers laquelle les forces s’appliquant au corps le traversent sans rencontrer de résistance pour finir dans le sol. L’image est donc celle d’un tuyau qui canalise les forces, plus exactement celle d’une lance à incendie, plus la force exercée est importante, plus le tuyau devient solide et difficile à plier.

Comment développer cette qualité de corps me direz vous ? tout simplement à travers les exercices de base mais plus particulièrement push out qui est probablement le prototype des exercices permettant de comprendre comment « laisser passer » la force à travers soi.

Image de prévisualisation YouTube

Manabu-san et chris exécutant push-out

Cet exercice, à défaut de partenaire, peut se pratiquer avec des élastiques de fitness (cf article précédent) voire en position de pompes hautes.

Votre humble serviteur ^^

De ma modeste expérience, voilà les paramètres à respecter:

- Relâchez !!!!!!! surtout les épaules pour pouvoir répercuter la gravité dans la structure.

- Étirez les mollets et plus globalement les ischio-jambiers pour faciliter l’alignement entre le bas du corps et le haut du corps

- Maintenir les « zones molles » (nuque et lombaires) gainées

- Gardez une sensation d’étirement du sommet de la tête jusqu’aux talons tout au long de l’exercice

- Imaginez que l’espace entre vos épaules possède une poignée et que vous êtes tirés vers le haut

Variante « hardcore » (merci à schtroumpfeur ;) ) vous pouvez pratiquer cet exercice les pieds contre un mur, le corps parallèle au sol (joyeux noël !!)

Au niveau du séminaire, ce principe a été décliné à travers un exercice passionnant mais difficile d’accès pour les moins expérimentés:

Image de prévisualisation YouTube

Démonstration de sensei lors du dernier Masterclass

Plutôt que de se lancer tout de suite dans ce type d’exercice un bon moyen d’approcher ce travail est le « tanren de la lance »

Image de prévisualisation YouTube

Manabu exécutant le « Tanren de la lance »

J’ai pratiqué cet exercice à outrance à partir du moment ou sensei me l’a indiqué comme une priorité pour ma progression (c’est d’ailleurs un des points fort de l’aunkai, il suffit de faire ce que sensei vous conseille pour progresser !!).

Les points clés:

- Relâchez les épaules !!! ce ne sont pas les épaules qui portent le Bo mais la structure

- Concentrez vous sur l’action de l’Axe dans le mouvement, vous approcherez ainsi petit à petit le travail des axes.

- Imaginez que vous utilisez une lance et que vous piquez un ennemi imaginaire

- Évitez de décoller les coudes sur le côté (comme si vous cherchiez à mettre un crochet en exagérant un peu), au contraire, maintenez les pouces vers le haut dans la phase finale du mouvement

- Tenez « légèrement » le Bo, sans crisper et les paumes tournées vers le sol

L’idée de l’exercice est d’une part de travailler selon les axes mais aussi de prendre le poids du bâton à l’intérieur de soi. Ne vous concentrez pas sur une partie du corps en particulier au contraire focalisez vous sur les paramètres habituels (étirement de l’axe vertical et relâchement musculaire).

Ce premier principe mis en avant lors du séminaire demande à lui seul une somme de travail considérable et sera forcément la source de nombreuses frustrations. C’est sans aucun doute une des difficultés de l’aunkai, dans un monde martial ou le pratiquant peut assimiler une technique en deux heures, l’aunkai demande 3 ans pour intégrer les principes de base. L’avantage est qu’une technique ne s’applique que dans une situation alors qu’un principe s’applique quelle que soit la situation.

Bouger selon les axes

Ce fut le gros morceau de son passage et probablement le jalon à partir duquel sensei considère que les bases sont acquises.

Vous noterez que je ne dis pas bouger « avec » mais bouger « selon » tant je ne suis pas catégorique sur la définition. Pour ma part j’ai le sentiment que cela consiste à bouger en respectant les axes naturel du corps (les Juji en particulier) et en faisant appel le moins possible aux muscles situés à la surface du corps au profit des muscles profonds (les muscles posturaux).

Les différents axes qui traversent le corps

Lors du dernier séminaire, j’ai demandé comme à chaque fois quels exercices pratiquer. Il m’a simplement répondu « tu dois commencer à bouger avec les axes », il aurait pu me dire « tu dois vaincre le dragon de la montagne de feu » le résultat aurait été le même :(

Je me suis donc tourné vers Manabu pour plus d’infos qui m’a conseillé STJK pour arriver à intégrer ce principe. Cet exercice nécessitant d’avoir les juji bien en place, je suis revenu à la base: Ashi-age, le lever de jambe que je détaille ici: http://www.guanyuan.fr/?p=239

Ayant une conscience un peu plus affûtée de la « croix » je me suis donc attelé à STJK, un exercice que je pratiquais peu, tout simplement parce que je n’en saisissais pas l’intérêt.

Image de prévisualisation YouTube

La version dans les six directions de STJK, présentée par sensei lors du dernierMasterclass

C’est un exercice frustrant car complexe, néanmoins il faut s’y mettre dès que les Juji sont en place, les points clés sont les suivants:

- Étirements de la colonne vertébrale et des bras tout au long de l’exercice (très important pour sentir les axes)

- Relâchement général des tensions musculaires

- Faire bouger les bras et le reste du corps à partir de la colonne vertébrale (oui je sais c’est pas simple mais c’est là que se trouve l’exercice)

- Travaillez lentement

 

Cet exercice peut se pratiquer au bâton, pour ma part j’en suis friand, le bâton accentue les sensations, oblige au relâchement des épaules et impose de travailler selon les axes du corps.

Image de prévisualisation YouTube

La version au Bo de STJK par Manabu-san

 

Au final c’est une Xème version de Maho que sensei nous a présenté, très intéressante, elle oblige à travailler selon les axes du corps et met l’accent sur la capacité à initier le mouvement à partir de la colonne vertébrale (et ça c’est pas simple !!)

Image de prévisualisation YouTube

Maho dans les six directions par Sensei, une version beaucoup plus compliquée que les autres

 

Voilà tout ce que je peux vous dire d’un séminaire qui restera gravée dans les mémoires, une pédagogie plus adaptée à ses élèves français avec des allers-retours entre les bases et des exercices plus avancés, de nouveaux exercices et toujours une ambiance familiale qui fait chaud au coeur !!

Un moment de détente à Bruxelles

 

Pour conclure c’est avec beaucoup de plaisir que je vous annonce le passage au grade de « Shoden » (premier niveau) de 6 élèves:

Tanguy le Vour’ch (la barbe en moins)

Christophe Martin

Christophe Cherel

Christophe aka « Kiaz »

Jean-philippe Joseph

Et pour finir votre humble serviteur…

 

Ce modeste grade s’accompagne de la possibilité d’animer des groupes de travail ou des stages, l’offre en enseignement devrait donc s’étoffer de plus en plus !!

 

A très bientôt

 

Manu aka KFM

 

 

 

Le virage de l’Aunkai…..

Manu aka KFM Posted in Aunkai, Débuter en Aunkai
0

Une fois encore sensei nous à mis une sacré claque: nouveaux exercices, approfondissement des basiques, pédagogie plus accessible etc, bref du tout bon, sans doute une de ses meilleures interventions en France.

Une estampe d’Hiroshige illustrant l’Aunkai: la beauté dans la simplicité

J’ai rejoins sensei à Bruxelles, auprès de nos chers amis d’ACEPO: robert et stéphane dont je salue une fois encore la gentillesse et l’extraordinaire ouverture d’esprit. Sensei à déjà quelques heures de stage dans les jambes mais toujours autant d’énergie, il faut souligner que la fréquentation à Brest et à Arras était remarquable, grâce au travail de Tangi et Tanguy (Brest) et Jean-claude (Arras).

D’entrée de jeu le ton est donné, pour approfondir le travail sur le corps, c’est à travers le Jo, le baton d’1m80 que nous allons travailler. C’est sans doute là que sensei à remarquablement pensé sa pédagogie: il nous à proposé des exercices « à tiroir » les débutants pouvait se concentrer sur la base tandis que les plus avancés pouvaient y trouver leur compte en se focalisant sur des connexions plus fines. C’est le cas de l’exercice ci dessous, assez proche des tanren à la lance.

Image de prévisualisation YouTube

 

Cet exercice d’apparence simple, cache en fait un véritable cauchemar de connexions à maintenir. L’idée est ici de maintenir les deux « Juji » sur le même plan (pour simplifier, maintenir la ligne des épaules parallèle à la ligne des hanches), tout en maintenant les autres connexions en place (l’arche au niveau des jambes, les trois axes et l’étirement/relâchement de la colonne vertébrale), le tout sans crisper au niveau des bras et des épaules…. facile !!

Le travail au bâton n’est pas une nouveauté dans l’aunkai, le voir pratiqué à deux ne m’a donc pas surpris. Là ou je me suis fait surprendre c’est dans l’apparition d’exercices qui sortent de la méthode habituelle de sensei et qui visiblement proviennent de son passif en Xin yi quan.

Une des principales innovations de l’aunkai par rapport à d’autres méthodes est l’utilisation des tensions de déséquilibre contrôlés. Maho en est un des exemples les plus simples à comprendre: en se mettant en déséquilibre, le pratiquant suscite des tensions dans le corps qui vont être identifiées, puis relâchées au fur et à mesure de l’expérience jusqu’à s’écouler naturellement à travers le corps. C’est ainsi qu’un pratiquant un peu avancé est capable de rester sur place face à des pressions conséquentes: lorsqu’il subit une poussée plutôt que de résister, il la laisse s’écouler à travers les connexions qu’il aura identifié lors de sa pratique.

 

Un exemple avec sensei, la tension appliquée par Manabu s’écoule naturellement jusqu’au sol

A l’inverse, le pratiquant de gauche maitrise moins bien son schéma corporel, les épaules sont légèrement crispées et la tête penchée en avant accentue les courbures naturelles de la colonne vertébrale

Pour résumer, dans push-out, vous vous sentez poussé au niveau de vos « blocages », le plus souvent pour les débutants à hauteur des épaules (cripsation) ou à hauteur de la jonction dorso-lombaire (étirement incomplet de la colonne vertébrale).

Bref, travailler le corps, le forger à travers l’expérience de ces tensions (que ce soit la gravité dans maho ou la pression exercée par un partenaire dans push-out) me semblait donc la pierre angulaire de l’Aunkai, j’avais tort et sensei allait me le prouver à travers un exercice comme toujours d’apparence simple mais cachant des abysses de complexité: Tenchi-wake

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Pour ceux qui voudrait s’y risquer, voilà les consignes que ma transmis Manabu-san:

1) Séparez le ciel et la terre dans le mouvement d’ouverture (comme dans STJK), étirez la colonne, laissez tomber le bassin

2) Tournez vous en prenant garde de maintenir les deux juji (épaules et ligne de hanche sur le même plan)

3) Tout en respectant les points 1 et 2, gardez l’arche (la tension qui parcours l’intérieur des jambes)

Si sensei nous à montré cet exercice, ce n’est dans mon cas, pas un hasard. Lors du check du dimanche après-midi, il m’a donné deux pistes de travail. La première porte sur la prise de conscience et la coordination des 3 axes, (shiko, maho gauche-droite etc) mais surtout sur le travail conjoint des deux juji (maintenir les connexions épaules-tronc-bassin simultanément). Pour comprendre mon propos, regardez dans la video ci dessus comment Manabu-san pivote d’un seul bloc depuis l’épaule jusqu’au pied, il maintient ses connexions tout au long du mouvement. Si cet exercice semble simple, essayez, vous allez comprendre !!

Sans être une révolution, ce dernier Masterclass amorce donc un virage intéressant en incorporant des mouvements issus des arts internes chinois et ouvre par la même occasion d’autres perspectives de travail.

Un dernier mot sur l’ambiance, l’Aunkai en france, c’est devenu une petite famille sympa, décontractée mais studieuse. Retrouver tout les anciens et accueillir de nouveaux pratiquants est une expérience humaine d’une grande richesse, j’espère tous vous revoir bientôt !!

A-Un par Manabu-san et Christophe à Bruxelles (je dissipe un doute, ce n’est pas un exercice mais plutôt l’effet des breuvages locaux !!)

Sensei et sa nouvelle paire de lunette (Robert d’Acepo est opticien et ne supportait plus de le voir avec « des lunettes de merde »)

Nori, jamais surprise par un objectif

Et enfin Manabu-san et son éternelle bonne humeur

Merci à tous pour tout ces bons moments, à bientôt !!

Manu

Maho, le fondement de l’Aunkai

Manu aka KFM Posted in Arts martiaux, Aunkai, Débuter en Aunkai
10

Pratiquer l’Aunkai, c’est se lancer dans une espèce de voyage intérieur à la découverte de notre propre corps. La tâche est énorme et semble sans fin, tant chaque progrès dévoile de nouvelles perspectives de travail.

Hokusai: « le pont suspendu entre Hida et Etchu », un autre chemin semé d’embûches !!

Une chose est sûre, la méthode d’Akuzawa sensei s’articule autour de quelques mouvements seulement: Push-out, Tenchijin et Maho. Pour permettre à des personnes désirant s’initier à l’Aunkai de trouver matière à travailler, je vais essayer de traiter ce dernier exercice de la manière la plus large qui soit.

Maho, les versions basiques:

Image de prévisualisation YouTube

Une démonstration de Maho et d’une de ses variantes: « breathing maho »

Je n’arrive pas à concevoir une séance dans laquelle je ne pratiquerais pas Maho dans sa forme la plus élémentaire à savoir celle démontrée dans la vidéo ci dessus: la version statique debout.

Les points clés sont les suivants:

- Relâchez jusqu’à ce que l’essentiel de la tension soit localisée autour des plis inguinaux (ca ne vient pas du jour au lendemain)

- Etirez la colonne vertébrale (la tête est tirée par le haut, le bassin tombe vers le sol)

- Cherchez le déséquilibre, vous devez toujours être sur le point de tomber en arrière (un point déjà abordé dans un article précédent  http://www.guanyuan.fr/?p=231)

Pour breathing Maho (la version en descendant et en synchronisant la respiration) les points clés sont les mêmes sauf que vous ajoutez la synchronisation de la respiration: j’inspire en montant en essayant de me grandir à travers la colonne vertébrale, j’expire en descendant en ramenant la respiration le plus bas possible vers le centre. Pour plus de détail sur la respiration, voir cet article http://www.guanyuan.fr/?p=455

Petit à petit les connexions vont s’établir (6 mois à peu près de traversée du désert avant de ressentir les premiers résultats). Pour ma part, la première à s’installer a été l’axe central, plus particulièrement la sensation que la colonne vertébrale devient un axe fort, puis l’arche (la tension qui parcours l’intérieur des jambes, objet d’un précédent article http://www.guanyuan.fr/?p=262 )

Culturellement les japonais estiment qu’il faut 3 ans pour comprendre un sujet, ca me semble particulièrement vrai pour maho, il n’y pour ainsi dire rien d’autre à faire si vous voulez construire une base saine en Aunkai. Ca ne veut pas dire que vous ne devez rien pratiquer d’autre, simplement cela sera probablement moins rentable que Maho.

Maho, les versions avancées:

Après la version statique, une version particulièrement intéressante pour étendre la sensation d’une colonne vertébrale forte jusqu’au sol: Maho « arrière ».

Image de prévisualisation YouTube

Une version de Maho visant à travailler les connexions à l’arrière du corps

Vous excuserez l’exécution un peu hésitante, mes pieds s’enfonçaient dans  le sable au fur et à mesure ;)

Les points clés:

- Les mêmes que pour maho en version statique (relâchement, étirement, déséquilibre en position centrale)

- Bougez de gauche à droite en essayant d’initier le mouvement à partir de l’ouverture-fermeture des plis inguinaux (plus facile à dire qu’à faire !!)

- Etirez du talon au sommet du crâne

 

Abordée lors d’un Masterclass en 2010, l’exercice suivant à par la suite complètement disparu. J’en suis d’autant plus perplexe que sensei nous l’avait chaudement recommandé. Bref, il s’agit d’une version avancée de l’exercice précédent qui en plus des connexions arrière permet de prendre conscience des axes latéraux.

Rappel des différentes connexions qui parcourent le corps

 

Image de prévisualisation YouTube

Une version de Maho travaillant l’axe central et les axes latéraux

Les points clés:

- Idem que pour maho et maho « arrière »

- Ne prenez pas une position trop large ou vous risquez de mettre vos genoux en porte-à-faux

- Tirez bien le pied vers vous lorsque vous vous penchez en arrière

- Gardez le regard à l’horizontale

 

Suivant avec beaucoup d’assiduité les conseils de sensei, je me suis pas mal investi dans cet exercice jusqu’à ce que je me rende compte qu’un défaut d’exécution avait tendance à me bousiller les genoux. J’ai donc réfléchi à une manière d’isoler une partie du travail pour bénéficier des mérites de l’exercice sans pour autant mettre mes articulations en péril. J’en suis arrivé à cette version de maho, qui après quelques mois de pratique me semble particulièrement intéressante.

 

Image de prévisualisation YouTube

Une version plus simple que Mao « avant-arrière » qui permet de mettre l’accent sur l’ouverture-fermeture des Kua

 

Les points clés:

- idem que pour maho

- Bougez le corps uniquement à partir des plis inguinaux !!!

- Concentrez vous sur l’impression d’ouverture et de fermeture des Kua

- Gardez le déséquilibre en permanence

- Prenez quelques instants lorsque le Kua est complètement fermé pour ressentir les tensions au niveau de l’axe latéral

D’une manière assez surprenante, c’est un exercice d’une très grande intensité qui mobilise énormément les Kua.

 

Si vous souhaitez commencer ce long voyage qu’est l’Aunkai, vous avez à présent du « grain à moudre ». Bien évidemment, rien ne remplace le regard du maitre et je ne saurai que trop vous inviter à participer au prochain Masterclass !!

Débuter en Aunkai 5: L’arche

Manu aka KFM Posted in Débuter en Aunkai,Tags:
2

Quel est le but final de la méthode Aunkai ? Au modeste niveau où je suis arrivé je fait l’hypothèse que la pratique de l’Aunkai vise à créer un corps connecté, c’est à dire un corps dont tout les éléments  (membres, tronc etc) travaillent de concert et pas isolément.

Différents pré requis sont nécessaires, alignement de la colonne vertébrale, relâchement des épaules sur le tronc et prise de conscience du rôle des membres inférieurs et des Kua dans le support du tronc et des membres supérieurs. C’est cette dernière « conscientisation » que nous appelons « l’arche ». La prise de conscience de cette arche est fondamentale car à son sommet se trouvent les Kua, points de jonction entre le haut et le bas du corps.

De quoi est constituée cette arche ? Tout d’abord par les muscles gravifique de la chaîne antérieure: les adducteurs et les jambiers antérieurs.

La majeure partie des exercices de l’Aunkai servent à mobiliser ses muscles, en particulier maho, shiko et tenchijin. C’est d’ailleurs le signe d’une pratique qui va dans le bon sens, bien souvent le débutant lutte contre la gravité et ce sont les quadriceps qui travaillent le plus alors qu’il faut lutter contre le déséquilibre et là ce sont les muscles posturaux qui rentrent  en jeu.

Les muscles posturaux situés à l’intérieur des jambes sont les piliers de l’arche. Mécaniquement parlant je serai tenté de dire que le centre de gravité est la clef de voute, l’élément qui vient s’emboiter sur les supports et qui en assure la cohérence. Même si cette description semble valide, sur le plan du travail corporel ce n’est pas forcément sur le centre de gravité qu’il faut porter son attention mais plutôt sur les kua car ce sont eux qui vont assurer l’articulation entre le haut et le bas.

La position (approximative) des Kua par rapport aux muscles de l’intérieur de la jambe

En effet si l’image de l’arche est confortable en terme de représentation, la réalité est bien plus compliqué et c’est plutôt le terme « d’arche articulée » qu’il faudrait utiliser et ce sont justement les Kua qui remplissent se rôle d’articulation.

La grande question qui se pose à présent est : « comment faire ? »

J’ai longtemps tâtonné et c’est finalement lors du dernier passage de Sensei que les corrections apportées m’ont permis de « saisir » cette notion.

Les principes qui président à la construction de l’arche sont simples: Plus vous augmentez la largeur de la position et plus vous ouvrez l’angle des pieds et moins vous y arrivez. Concrètement lors de la pratique il faut vraiment éviter un écart au delà d’une fois et demi la largeur des épaules et au delà de 11h05 en ce qui concerne l’ouverture des pieds.

Une fois ces pré requis remplis, relâchez le bassin et imaginez que le poids du haut du corps repose sur les Kua et normalement (et si vous avez rempli tout les pré requis expliqués dans les précédents articles !!) vous devriez prendre conscience relativement facilement du jeu de tensions qui réside dans les jambes et les Kua.

Bonne pratique et à bientôt

Manu

Débuter en Aunkai 4: « Juji » la croix

Manu aka KFM Posted in Débuter en Aunkai,Tags:
21

L’Aunkai n’est pas une pratique simple, loin s’en faut. Sous des dehors austères et minimalistes se cache une pratique d’une profondeur abyssale. Un des facteurs qui rend la pratique si subtile est sans doute la nécessité pour le pratiquant de maintenir un grand nombre de paramètres en même temps pour permettre aux différentes parties du corps de dialoguer entre elles. Juji, (la croix en japonais) est un de ces éléments.

« Juji » un des pré requis de STJK

Rien n’est simple en Aunkai et Juji n’échappe pas à la règle. Le pré requis est bien évidemment l’extension et la mise en rectitude de la colonne vertébrale (voir précédents articles sur le sujet). En effet, l’étirement de la colonne vertébrale et sa rectitude constitue une des branches de la croix: la verticale.

Si la colonne vertébrale est la branche verticale, quelle est la branche horizontale ? C’est là que les choses se compliquent quelque peu. Si les sensations autour de la branche verticale, la colonne vertébrale, sont assez rapide à venir (comme si vous aviez une latte en bois le long de la colonne vertébrale) créer et maintenir les sensations en dessous de la ceinture scapulaire (les épaules) est une autre paire de manche.

Au final, qu’est ce que « juiji » ?

C’est le signe que les épaules sont relâchées et reposent sur le tronc alors que la colonne vertébrale est étirée. L’enjeu de Juji est extrêmement important, c’est la deuxième étape vers un corps unifié (la première étant à mon sens la mise en rectitude de la colonne et la troisième « l’arche », sujet d’un article à venir).

Comment la travailler ? Lors de n’importe quel exercice, gardez à l’esprit les points suivants:

- « Yurumu » relâcher (comme toujours)

- Etirer la colonne vertébrale

- Tirer les omoplates (sans crispation) vers le bas.

Si tout ce passe bien vous devriez sentir une tension parcourir toute la zone comprise entre le creux des omoplates et la partie basse des pectoraux.

Normalement « Juji » se travaille dans la quasi totalité des exercices de l’Aunkai, néanmoins, un exercice lui est plus ou moins dédié: Ashi age

Ashi age, le lever de jambe, un exercice commun à beaucoup d’arts martiaux.

Ashi age est un exercice « simple », en respectant les points évoqués ci dessus, tendez les bras à l’horizontale, les paumes perpendiculaires au sol. Avancez ensuite en levant alternativement une jambe puis l’autre. Manabu san évoquait lors du dernier masterclass l’idée d’avoir des ficelles à l’intérieur du corps et qu’en tirant ces ficelles, les jambes se levaient naturellement. Pour ma part, j’imagine en fait que le pli inguinal se ferme.

Image de prévisualisation YouTube

 

Une démonstration en vidéo de Chris

 

Cet exercice est un des basique qui permet la construction du corps et Juji un pré requis indispensable à une pratique optimale de l’Aunkai, si vous ne saviez pas comment composer votre séance, voilà un exercice qui a sans doute sa place !!

A bientôt !!

Débuter en Aunkai (3-1): L’équilibre

Manu aka KFM Posted in Débuter en Aunkai,Tags:
0

Dans les articles précédents, j’ai évoqué deux concepts fondamentaux de l’Aunkai: l’étirement de la colonne vertébrale et le relâchement.

Pour les pratiquants des arts internes (Taichi, Bagua, Yiquan, Xinyi, Da cheng chuan, Taikiken etc) rien de neuf sous le soleil. Néanmoins l’Aunkai présente une spécificité: celle de travailler le corps à travers des tensions de déséquilibre contrôlées.

Pour comprendre cette manière de forger le corps, penchons nous un peu sur l’équilibre ;)

L’équilibre chez l’homme se limite à l’application d’une seule stratégie: le maintien du centre de gravité à la verticale du polygone de sustentation.

Le centre de gravité est le point d’intersection de tout les plans qui divisent le corps en deux parties de poids égal. C’est sur ce point que va s’appliquer la gravité. Anatomiquement parlant, le centre de gravité se situe quelques centimètres en avant de la 5ème vertèbre lombaire.

Le polygone de sustentation est représenté par la surface entre l’extrémité des points d’appuis. Pour la faire simple, c’est la surface délimitée par les pieds (incluant les pieds eux mêmes).

La « simple » action de tenir debout ne semble donc pas si simple que cela, d’autant plus  que le centre de gravité est relativement éloigné de la surface du sol. Du coup la station debout n’est pas si stable que cela et nous oscillons tous légèrement et de manière complètement inconsciente (4° au sommet du crâne). Fort de ce constat, pour schématiser l’équilibre chez l’homme on parle de pendule inversé.

Les choses se compliquent…… elles vont se compliquer encore plus en prenant en compte les articulations du corps humain

Quatre facteurs vont influencer cet équilibre:

- La surface du polygone de sustentation: plus une position est large, plus elle est stable.

- La distance qui sépare le centre de gravité du sol: plus une position est basse, plus elle est stable.

- Le poids du sujet: plus il est lourd, plus la gravité tend à le rendre stable.

- La position de la ligne de projection: plus la projection du centre de gravité est au milieu du polygone de sustentation, plus la position est stable.

 

La statique et le mouvement chez l’être humain ne sont donc ni innés, ni simples, ni stables dans le temps (l’équilibre s’altère avec l’âge). Ils nécessitent une coordination psycho motrice fine qui peut se travailler de différentes manières, nous verrons dans un prochain article comment l’Aunkai aborde ce développement.

 

Source: http://www.infokarate.com/


Débuter en Aunkai (2): au delà du relâchement.

Manu aka KFM Posted in Débuter en Aunkai,Tags: , ,
8

Dans un document interne aux futurs instructeurs évoquant le relâchement, il est précisé:  « Les endroits que vous devez mettre en tension ou relâcher est un processus de découverte personnel ».

Vous allez me dire « c’est déjà pas mal mais maintenant, on fait quoi ? »
Cette interrogation dure depuis un certain temps au sein des pratiquants français d’Aunkai et une forme de consensus en a émergé à travers le modèle de représentation du corps de A. de Sambucy

Le docteur A. de Sambucy a fondé une méthode visant à corriger les problèmes de dos à travers des mouvements bien précis. Même si l’objet de l’Aunkai n’est pas de soulager ce genre de problème, comme par hasard (façon de dire que justement ce n’en est pas un) bon nombre de mes élèves suivent mes cours car justement leurs problèmes de dos s’en trouvent soulagés. Rien d’étonnant quand on sait qu’un des principes de l’Aunkai est d’étirer la colonne vertébrale et du coup d’en diminuer les courbures parfois excessives, sources de pathologies diverses.

La méthode du Dr de Sambucy nous intéresse moins que le modèle théorique qui la sous tend, celui des segments mous et des segments durs, illustré par le fameux « bonhomme de Sambucy »

L’auteur décrit son modèle de la manière suivante: « L’homme est une pile de segments durs et mous posés les uns sur les autres; les durs à ceintures osseuses indéformables, les mous à cylindres de muscle entourant des organes – ces segments glissent les uns en avant des autres – ils tendent à s’écrouler les uns sur les autres. Ils sont tous enfilés sur un axe souple commun: la colonne vertébrale.  » (A. de Sambucy., La gymnastique corrective vertébrale, 1966, Paris, éditions Dangles)

En langage clair le corps humain est composé de segments dur osseux (tête, cage thoracique, bassin) dans lesquels alternent des segments mous (nuque, tronc). Les segments mous sont maintenus autour de la colonne vertébrale grâce à un certains nombres de muscles.

Au niveau de l’arrière du cou il s’agit des muscles scalènes:

Et du sterno cléido mastoidien à l’avant:

Le tronc est souvent l’objet de toutes mes attentions, c’est bien souvent là que « le bat blesse ». En effet, le tronc n’est ni plus ni moins qu’un « sac à viande » expression peu flatteuse mais qui illustre bien la bio mécanique de cette région du corps: un ensemble de viscères maintenus à la colonne vertébrale par une gaine de muscles:

Le diaphragme au dessus:

Le périnée en dessous:

Le transverse à l’avant:

Transverse qui se prolonge avec le fascia thoraco-lombaire pour enserrer l’ensemble de la taille.

Nous savons maintenant que la bio mécanique du corps n’est pas homogène, tout les étages du corps ne se comportent pas de la même façon. Au delà de la notion de relâchement, il me semble donc plus pertinent de parler d’uniformiser les tensions: rendre mou ce qui est dur, dur ce qui est mou.

Concrètement la pratique des exercices de l’Aunkai doit se faire en relâchant les épaules et le bassin mais surtout en mettant en tension la nuque et le tronc. Si la partie relâchement des segments dur est « relativement » facile, celle de la mise en tension des segments mous n’est pas évidente car elle s’articule autour du travail de muscles « automatiques » c’est à dire de muscles dont l’action nous échappe (tout comme le coeur ou les viscères par exemple).

Une des pistes que je privilégie pour aider ce travail d’uniformisation des tensions est la pratique d’exercices de gainage, exercices qui feront l’objet d’un prochain article.

Sources:

Le post de Funcal dans Kwoon,

http://www.kwoon.info/forum/viewtopic.php?t=22653&postdays=0&postorder=asc&start=15

Le forum de Chris:

http://la-quete-du-graal.over-blog.com/article-le-bonhomme-de-sambucy-48496504.html

Et celui de fanfan:

http://ladrevert.wordpress.com/2010/04/17/de-sambucy/

Merci à eux et à bientôt :)

Débuter en Aunkai (1): L’étirement de la colonne vertébrale.

Manu aka KFM Posted in Débuter en Aunkai,Tags: , ,
2

L’alignement, l’étirement, la rectitude ou encore la diminution des courbures naturelles de la colonne vertébrale est un travail central dans les arts internes et dans l’Aunkai.

Dans ce dernier courant c’est un des pré requis fondamental à une pratique de qualité. Un des premiers élèves d’Akuzawa sensei, Rob, nous en fait part à travers ce schéma:

Je dois saluer son esprit de synthèse: tout est là. Mais avant d’aller trop loin, intéressons nous à la colonne vertébrale (l’axe du milieu).

En Aunkai, l’idée est de créer un axe solide autour duquel le corps va pouvoir s’articuler. Cet axe mécaniquement fort s’obtient par l’étirement de la colonne vertébrale grâce à une action autour de ses deux extrémités: la tête et le bassin.

Comment s’y prendre ? l’idée est d’imaginer que votre colonne vertébrale est la corde d’un arc bandé. Elle subit l’action d’une force ascendante qui la tire vers le haut et en même temps une force descendante qui la tire vers le bas. J’introduis ici  la notion de « points d’appuis distants », des points imaginaires vers lequel vous allez tendre vos extrémités ou être tiré afin de générer des forces contradictoires: haut/bas, avant/arrière, droite/gauche (les fameuses 6 directions bien connues des arts internes).

De manière plus fine, il convient de tirer légèrement la tête vers la haut et de relâcher le bassin (comme si le coccyx était un soc de charrue que vous plantez dans le sol).


Le « simple » étirement de la colonne vertébrale est donc relativement complexe, il faut:

- Tirer la tête vers le haut (flèche verticale pointant vers le haut) sans écraser les cervicales vers l’arrière mais plutôt en ramenant légèrement le menton vers le bas (flèche vers le bas à hauteur de la tête)

- « Laisser tomber » le bassin vers le bas (flèche verticale pointant vers le bas) en imaginant que le coccyx vient se planter dans le sol (flèche oblique)

Attention: Ne pas confondre « laisser tomber » et retroversion forcée, pratiquez plutôt dans l’idée d’effacer la courbure lombaire par la double action de la tête et du bassin. Cette combinaison de forces contradictoires et de relâchement devrait vous amener à la diminution des courbures naturelles de la colonne vertébrale et ainsi à la création de notre axe mécanique fort.

Dans mon prochain article, je ferai le lien entre se travail et la médecine traditionnelle chinoise, tout un programme !

A bientôt

Sources: www.yiquan.fr, Aiki journal, Kwoon.info (merci à toute l’équipe !)