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Le renforcement des Kua

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La zone du pli inguinal, ou Kua, est sans aucun doute une des parties du corps sur laquelle le pratiquant d’Aunkai doit le plus se concentrer.

Planche anatomique du pli inguinal

Ma modeste réflexion sur le renforcement et la prise de conscience des Kuas est partie d’un lien Facebook de Jean paul Bindel (que je remercie encore une fois au passage) pointant vers un site de taichi style chen : practical method

En cherchant à travers les différentes rubriques, j’ai eu la surprise de voir un exercice de renforcement des Kua pratiqué par Chen Zhonghua

http://www.youtube.com/watch?v=JdMqQjH98Rk&feature=youtu.be

Exercice à l’apparente simplicité mais qui mobilise d’une manière très intense la zone du pli inguinal. A noter que pour être exécuté correctement, il nécessite de bouger le moins possible le reste du corps (garder les pieds au sol et plaquer la colonne vertébrale sur le dossier de la chaise).

En poussant plus avant mes recherches, j’ai fini par trouver des exercices tirés du Bagua (qui ne sont pas sans rappeler Shiko) et qui m’ont paru très intéressant dans leur capacité à isoler le travail des Kuas.

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La version debout de « side to side »

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La version debout/assise

Ces exercices ne sont en fait que des « sous exercices » (sans être péjoratif) d’exercices déjà connus en Aunkai (shiko, certaines versions de maho). Néanmoins la prise de conscience du rôle des Kuas dans la mécanique globale du mouvement est tellement importante, qu’avoir des outils capable d’isoler le travail à cette seule zone présente un intérêt considérable. Une des difficulté de l’Aunkai réside justement dans la complexité des paramètres à maintenir tout au long des différents exercices, se focaliser sur une fraction seulement de l’exercice peut donc être un moyen efficace de progresser.

Dans un prochain article, je vais m’efforcer de faire le lien entre ces exercices, une version de maho et le travail des axes.

A bientôt !!

4ème Masterclass, le retour aux basiques

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Voilà, c’est fini, le 4ème volet de la formation instructeurs vient de se fermer, pour la première fois je trouve qu’il apporte plus de réponse que de question.

L’atomium, symbole de Bruxelles

Comme à chaque fois maintenant, les deux sessions bruxelloises donnèrent le ton du Masterclass parisien: plutôt que de brosser l’ensemble du système, sensei à fait le choix de s’attarder sur les exercices de base.

Sensei à l’ACEPO, le dojo de nos hôtes bruxellois

Je dois dire que ce retour aux bases a été apprécié par la majeure partie des participants. Sensei à affiné sa pédagogie: plutôt que d’enseigner « comme à Tokyo » il s’est attaché à enseigner un socle solide pour ses « fidèles » européens, j’emploie fidèle sans connotation aucune, l’essentiel des participants tout au long de son séjour étant des habitués.

Plutôt que de brosser de manière chronologique les deux séminaires (bruxellois et parisien), je vais m’efforcer de rendre compte des points clés abordés par sensei au cours de son passage.

1) Maho:  L’orthogonalité, encore et toujours

C’est une forme de virage qu’à abordé sensei, un virage de quatre ans  mais un revirement tout de même.

Au départ de son enseignement, lorsqu’il évoquait le travail des Tanren et les sensations qui en découlait, il proposait fréquemment le conseil suivant « si les sensations ne sont pas là, descendez la position ». Adage que je m’étais imposé dans la pratique de Maho pour le plus grand malheur de mes genoux et de ma progression globale et qui n’est définitivement plus d’actualité.

Un bon résumé… de tout ce qu’il ne faut pas faire

Au début de la formation instructeurs, il a précisé son propos en insistant sur des points précis (ouverture des pieds et largeur de la position),  le bassin ne devait pas obligatoirement descendre très bas (jambes pas en dessous de la parallèle avec  le sol).

Sensei expliquant Maho, notez les points clés: position peu large et peu ouverte

A présent les choses sont assez différentes: le point focal qui portait auparavant sur la « descente du bassin » (plus le bassin est bas mieux c’est) se porte à présent sur l’orthogonalité du dos (plus le dos est perpendiculaire au sol, mieux c’est).  C’est un conseil que j’avais reçu « in private » de Manabu lors du précédent séminaire et qu’il avait eu la bonté de m’expliquer.

Maho par christophe, notez la quasi orthogonalité du dos

Une partie de l’intérêt de travailler Maho réside dans la prise de conscience du rôle des Kua (les plis inguinaux) dans la mécanique globale du corps. Or plus l’angle formé par le dos par rapport au sol est fermé, plus le travail se disperse au niveau des Kua, faisant perdre une partie importante du bénéfice de l’exercice

Pour ma part, je pratique Maho en respectant les points suivant:

- Pieds parallèles

- Position aussi large que les épaules ou un peu plus

- Etirement de la colonne et relâchement du bassin

- Bras parallèles au sol

La tension suscité au niveau des plis inguinaux devient ainsi très importante (j’en ais chopé une tendinite qui à failli finir par une échographie du bas ventre par les voies internes, no comment !! ). L’idée n’est donc pas de descendre le plus bas possible, mais de garder le dos droit et de relâcher tout en descendant le plus bas possible.

2) La respiration et l’ouverture fermeture

Dans le style, « on ne s’y attendait pas », je dois bien reconnaître que les consignes de Sensei sur la respiration et les mouvements d’ouverture-fermeture m’ont étonnés.

Là aussi une nette évolution est apparue: jusqu’à présent, la respiration devait se placer d’elle même dans la pratique des Tanren, il ne fallait pas lui accorder une importance particulière. Ce point à évolué vers une utilisation plus systématique notamment à travers un exercice connu mais peu pratiqué « breathing Maho ».

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Démonstration de « breathing Maho »

L’idée générale de cet exercice est de faire « descendre » la tension générée par le partenaire à travers la structure jusqu’au sol (comme dans maho solo en fait). L’éclairage qu’a apporté sensei sur la partie respiration de cet exercice est très intéressant, le mouvement de fermeture et l’expiration qui l’accompagne à pour but de « ramener vers le centre » c’est à dire mobiliser la région du Tandien.

Pratiqué en gardant à l’esprit tout les autres pré-requis, il m’a effectivement apporté une nette sensation de mobilisation au niveau du centre de gravité. Une fois intégrée, cette mobilisation permet d’oublier la tension au niveau des épaules (push out, frame walk etc) et de laisser plus facilement les tensions s’écouler dans la structure.

3) Le centre ou plutôt les centres

Jusqu’à présent je focalisais les sensations sur les Kua, à tort ou plutôt à défaut d’autre chose. Les explications de sensei et la pratique des mouvements d’ouverture-fermeture associés à la respiration (breathing maho mais aussi shiko dans sa phase basse) m’ont permis de prendre conscience du rôle du Tandien dans la pratique de l’Aunkai.

Sensei expliquant l’intérêt de la mobilisation de la région du Tandien

L’intérêt est qu’à partir du moment ou vous êtes capable d’utiliser votre centre, vous devenez capable d’agir sur celui de votre partenaire. J’avais déjà évoqué précédemment dans quelle mesure certaines expressions tirées de l’Aikido prenait sens à travers la pratique de l’Aunkai: « prendre l’attaque à l’intérieur de soi » « ne faire qu’un avec l’adversaire » par exemple. La mobilisation du tandien me semble la condition sine qua non pour avancer dans cette compréhension et dans la capacité à agir sur l’adversaire.

Une illustration du Tandien

Pour conclure, sensei nous a donné le meilleur de son art lors de cette semaine de séminaire: plus clair, plus précis, plus démonstratif et plus pédagogue.

Il nous a donné les clés pour comprendre plus finement le chemin qu’il nous désigne, c’est peut être aussi pour cela que ce séminaire a été aussi profitable, c’est sans doute qu’après 4 ans de pratique je suis enfin capable de comprendre ce qu’il essaye de nous transmettre.

Tenchijin, un nouveau départ

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Comme à chaque fois, le MasterClass apporte son lot de réponse et probablement dix fois plus de questions. La principale « réponse » qui me vient à l’esprit est l’importance des Kua dans la méthode de sensei. J’ai eu le plaisir de voir que malgré une position de départ dans Age-te pas facile du tout (je me tiens en tailleur et pas en seisa) j’arrive de plus en plus à « faire rebondir » la force dans les Kua. Malgré ce progrès encourageant j’ai très clairement du chemin à faire ce côté là et ce chemin passe par les mouvements de fond de la méthode: Maho et Tenchijin, c’est de ce dernier que je vais parler.

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Video de TCJ lors du Masterclass 2010

Si les progrès par rapport à la photo ci dessous sont très conséquent (elle date du premier MC), je suis encore loin d’une exécution correcte du mouvement:  les pieds sont encore trop écartés, la position trop ouverte et surtout le port de tête me pose encore des problèmes (écrasement des cervicales vers l’arrière en maintenant le regard droit alors que je devrais regarder légèrement vers le bas pour suivre l’angle de la colonne).

Une belle démonstration….. de ce qu’il ne faut pas faire !!!

Au delà de tout ces défauts, le plus important me semble ailleurs, en travaillant de cette manière je passe à côté de l’essentiel: le travail des Kua. Je travaille déjà dans ce sens depuis un an mais ce dernier MasterClass m’a permis de m’en rendre compte une fois encore, les mouvements de fond de l’Aunkai doivent impérativement permettre de prendre conscience du rôle des Kua dans la biomécanique générale du corps humain.

Depuis quelques jours je fait effort dans ce sens et l’exercice c’est complètement transformé: sensation de pression au niveau des kua, tension plus importante au niveau de la colonne vertébrale, apparition plus marquée de l’arche…. le tout ayant pour conséquence de rendre l’exécution encore plus pénible, mais ça c’est très secondaire :)

Je vais donc me lancer dans une série d’articles pour permettre aux « derniers arrivants » de s’entrainer seul sans (trop) perdre leur temps ;). Ce ne sera que le reflet de mon modeste niveau de compréhension mais toujours mieux, je l’espère, que de singer sensei à partir d’une video glanée sur Youtube !!

A bientôt

L’aunkai en préambule de la NAMT

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La 4ème édition de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels (NAMT) aura lieu au stade Pierre de Coubertin le 21 novembre à 18h00.

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Video de la 1ère édition

En préambule de cet évènement, un « Aiki-Taikai » (rassemblement de pratiquant d’aikido) propose un cours d’aunkai de 13h45 à 15h15. La participation est de 30 euros pour l’ensemble des cours dispensés au cours de cette journée introductive à la NAMT. J’aurai le plaisir d’y participer avec mon binôme de choc, Christophe aka Kiaz.

Kiaz accompagné de Manabu et de Nori

Le programme détaillé et les modalités d’inscription se trouvent sur le Blog de Léo (voir la rubrique liens)

Photo de Leo lors de la NAMT 2009 (julien, un autre pratiquant d’Aunkai est en arrière plan)

Je ne saurai que trop inviter les pratiquants soucieux d’élargir leur horizon martial à participer à cette journée, la richesse des disciplines enseignées n’a d’égale que la qualité des enseignants qui les dispensent !!

A bientôt

Débuter en Aunkai (2): au delà du relâchement.

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Dans un document interne aux futurs instructeurs évoquant le relâchement, il est précisé:  « Les endroits que vous devez mettre en tension ou relâcher est un processus de découverte personnel ».

Vous allez me dire « c’est déjà pas mal mais maintenant, on fait quoi ? »
Cette interrogation dure depuis un certain temps au sein des pratiquants français d’Aunkai et une forme de consensus en a émergé à travers le modèle de représentation du corps de A. de Sambucy

Le docteur A. de Sambucy a fondé une méthode visant à corriger les problèmes de dos à travers des mouvements bien précis. Même si l’objet de l’Aunkai n’est pas de soulager ce genre de problème, comme par hasard (façon de dire que justement ce n’en est pas un) bon nombre de mes élèves suivent mes cours car justement leurs problèmes de dos s’en trouvent soulagés. Rien d’étonnant quand on sait qu’un des principes de l’Aunkai est d’étirer la colonne vertébrale et du coup d’en diminuer les courbures parfois excessives, sources de pathologies diverses.

La méthode du Dr de Sambucy nous intéresse moins que le modèle théorique qui la sous tend, celui des segments mous et des segments durs, illustré par le fameux « bonhomme de Sambucy »

L’auteur décrit son modèle de la manière suivante: « L’homme est une pile de segments durs et mous posés les uns sur les autres; les durs à ceintures osseuses indéformables, les mous à cylindres de muscle entourant des organes – ces segments glissent les uns en avant des autres – ils tendent à s’écrouler les uns sur les autres. Ils sont tous enfilés sur un axe souple commun: la colonne vertébrale.  » (A. de Sambucy., La gymnastique corrective vertébrale, 1966, Paris, éditions Dangles)

En langage clair le corps humain est composé de segments dur osseux (tête, cage thoracique, bassin) dans lesquels alternent des segments mous (nuque, tronc). Les segments mous sont maintenus autour de la colonne vertébrale grâce à un certains nombres de muscles.

Au niveau de l’arrière du cou il s’agit des muscles scalènes:

Et du sterno cléido mastoidien à l’avant:

Le tronc est souvent l’objet de toutes mes attentions, c’est bien souvent là que « le bat blesse ». En effet, le tronc n’est ni plus ni moins qu’un « sac à viande » expression peu flatteuse mais qui illustre bien la bio mécanique de cette région du corps: un ensemble de viscères maintenus à la colonne vertébrale par une gaine de muscles:

Le diaphragme au dessus:

Le périnée en dessous:

Le transverse à l’avant:

Transverse qui se prolonge avec le fascia thoraco-lombaire pour enserrer l’ensemble de la taille.

Nous savons maintenant que la bio mécanique du corps n’est pas homogène, tout les étages du corps ne se comportent pas de la même façon. Au delà de la notion de relâchement, il me semble donc plus pertinent de parler d’uniformiser les tensions: rendre mou ce qui est dur, dur ce qui est mou.

Concrètement la pratique des exercices de l’Aunkai doit se faire en relâchant les épaules et le bassin mais surtout en mettant en tension la nuque et le tronc. Si la partie relâchement des segments dur est « relativement » facile, celle de la mise en tension des segments mous n’est pas évidente car elle s’articule autour du travail de muscles « automatiques » c’est à dire de muscles dont l’action nous échappe (tout comme le coeur ou les viscères par exemple).

Une des pistes que je privilégie pour aider ce travail d’uniformisation des tensions est la pratique d’exercices de gainage, exercices qui feront l’objet d’un prochain article.

Sources:

Le post de Funcal dans Kwoon,

http://www.kwoon.info/forum/viewtopic.php?t=22653&postdays=0&postorder=asc&start=15

Le forum de Chris:

http://la-quete-du-graal.over-blog.com/article-le-bonhomme-de-sambucy-48496504.html

Et celui de fanfan:

http://ladrevert.wordpress.com/2010/04/17/de-sambucy/

Merci à eux et à bientôt :)

Une autre approche du travail de la colonne vertébrale.

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Lors d’un article précédent, j’ai abordé le travail de la colonne vertébrale en Aunkai. Il me semble intéressant de faire le parallèle avec les arts internes chinois tant cette approche rejoint par certains aspects, celle de l’Aunkai.

Si l’approche Aunkai privilégie plutôt la bio-mécanique, l’approche des arts internes chinois privilégie l’approche énergétique. L’intérêt dans la confrontation de ces deux approches est de constater que finalement, elles portent sur le même objet avec les mêmes finalités mais selon des modes de compréhension différents.

Un des concepts clés des arts internes est de prendre conscience de deux pôles énergétiques, le pôle ciel (Tian) et le pôle terre (Di).  L’Homme (Ren) se trouve à l’intersection de ces deux pôles énergétiques et doit les articuler.

Ces énergies entrent dans le corps par l’intermédiaire de points bien précis situés sur les deux principaux méridiens d’acupuncture: le vaisseau conception (Ren Mai) et le vaisseau gouverneur (Du Mai)

Plus précisément l’énergie venue du ciel va pénétrer dans le corps par « Bai Hui », la porte entre l’homme et le ciel ou « les cents réunions » situé sur le vaisseau gouverneur (VG 20). Pour faire un parallèle avec l’Aunkai c’est de ce point précis que démarre la « corde de l’arc » que j’évoque dans mon précédent article.

Le point d’entrée de l’énergie provenant de la terre se trouve sur le premier point du Vaisseau Conception, « Hui Yin », (à mi distance entre le scrotum et l’anus).

Un des pré requis de la pratique du Tai chi est de créer « le vaisseau vital » ou « pôle Tai-Ji », un axe imaginaire reliant Bai hui et Hui Yin et traversant les trois foyers (le fameux triple réchauffeur de l’acupuncture).

Or la création de cet axe imaginaire est très semblable en Taichi comme en Aunkai: Par le haut en essayant de s’étirer à partir du sommet du crâne et par le bas en relâchant le bassin (action qui s’accompagne d’une légère rétroversion non contrainte). Cette dernière action à deux explications différentes selon la discipline, en Aunkai le relâchement du bassin et la rétroversion vise une diminution des courbures naturelles de la colonne vertébrale alors qu’en Taichi elle vise à « unifier le ciel et la terre » en mettant en contact  Ren mai et Du Mai, vaisseau conception et vaisseau gouverneur.

Certes les explications sont très différentes mais au final, le travail reste le même, une modification de l’utilisation du corps.





Débuter en Aunkai (1): L’étirement de la colonne vertébrale.

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L’alignement, l’étirement, la rectitude ou encore la diminution des courbures naturelles de la colonne vertébrale est un travail central dans les arts internes et dans l’Aunkai.

Dans ce dernier courant c’est un des pré requis fondamental à une pratique de qualité. Un des premiers élèves d’Akuzawa sensei, Rob, nous en fait part à travers ce schéma:

Je dois saluer son esprit de synthèse: tout est là. Mais avant d’aller trop loin, intéressons nous à la colonne vertébrale (l’axe du milieu).

En Aunkai, l’idée est de créer un axe solide autour duquel le corps va pouvoir s’articuler. Cet axe mécaniquement fort s’obtient par l’étirement de la colonne vertébrale grâce à une action autour de ses deux extrémités: la tête et le bassin.

Comment s’y prendre ? l’idée est d’imaginer que votre colonne vertébrale est la corde d’un arc bandé. Elle subit l’action d’une force ascendante qui la tire vers le haut et en même temps une force descendante qui la tire vers le bas. J’introduis ici  la notion de « points d’appuis distants », des points imaginaires vers lequel vous allez tendre vos extrémités ou être tiré afin de générer des forces contradictoires: haut/bas, avant/arrière, droite/gauche (les fameuses 6 directions bien connues des arts internes).

De manière plus fine, il convient de tirer légèrement la tête vers la haut et de relâcher le bassin (comme si le coccyx était un soc de charrue que vous plantez dans le sol).


Le « simple » étirement de la colonne vertébrale est donc relativement complexe, il faut:

- Tirer la tête vers le haut (flèche verticale pointant vers le haut) sans écraser les cervicales vers l’arrière mais plutôt en ramenant légèrement le menton vers le bas (flèche vers le bas à hauteur de la tête)

- « Laisser tomber » le bassin vers le bas (flèche verticale pointant vers le bas) en imaginant que le coccyx vient se planter dans le sol (flèche oblique)

Attention: Ne pas confondre « laisser tomber » et retroversion forcée, pratiquez plutôt dans l’idée d’effacer la courbure lombaire par la double action de la tête et du bassin. Cette combinaison de forces contradictoires et de relâchement devrait vous amener à la diminution des courbures naturelles de la colonne vertébrale et ainsi à la création de notre axe mécanique fort.

Dans mon prochain article, je ferai le lien entre se travail et la médecine traditionnelle chinoise, tout un programme !

A bientôt

Sources: www.yiquan.fr, Aiki journal, Kwoon.info (merci à toute l’équipe !)

Comment débuter en Aunkai ?

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J’ai eu le plaisir d’animer, samedi 03 avril, un après midi d’initiation à l’aunkai. Le but est dans le titre: comment saisir les clés d’une pratique austère, d’apparence simpliste et ainsi bien débuter ?

Des pratiquants de tout les horizons: Tai chi, silat, Kungfu, Toreikan-budo, Hapkido, karaté etc

L’aunkai, au regard de ma modeste expérience, s’aborde à travers le respect de trois règles:

- Etirer la colonne vertébrale pour effacer les courbures et créer un axe vertical, mécaniquement plus efficace.
- Relâcher les tensions dans le corps.
- Générer des tensions de déséquilibre.

Ces trois thèmes seront le fil conducteur des futurs articles à paraître.

Tenchijin, un exemple illustrant les principes de base de l’Aunkai: étirement, relâchement et mise en tension.

Qu’est ce que l’aunkai ?

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« Avant de courir, il faut savoir marcher….. avant de savoir marcher, il faut tenir debout »

Cet adage pourrait résumer ce qu’est l’Aunkai : une méthode visant à développer les principes fondamentaux qui gouvernent le mouvement et l’équilibre.

Faites ce test : tenez vous droit, dos à un matelas et demandez à une personne de vous pousser très légèrement. N’exercez aucune résistance, que va t’il se passer ? votre partenaire vous fera tomber sans aucun effort.

Vous venez d’expérimenter le fait que la simple station verticale relève d’une psycho-motricité particulièrement fine. C’est un acte plus ou moins conscient qui met en œuvre un grand nombre de muscles interagissant entre eux alors que, difficulté supplémentaire, nous reposons sur une base très étroite (nos deux pieds et l’espace qui les sépare). Rien de ce qui relève de la motricité n’est inné chez l’homme, on ne nait pas en marchant, ni même en sachant se tenir debout, c’est un apprentissage long et laborieux.

L’Aunkai reprend cet apprentissage là ou les nécessités de la nature l’ont arrêté. Nous avons besoin de tenir debout, de marcher, parfois de courir (c’est déjà plus rare) et c’est à peu près tout, simplement parce que nous n’avons pas besoin de grand chose de plus.

Pour forger un corps apte à la pratique des arts martiaux, l’Aunkai va générer des « tensions de déséquilibre contrôlé » à travers des exercices qui forcent le corps à s’adapter à des positions de plus en plus contraignantes sur le plan de l’équilibre et de la mobilité. Ainsi sollicité, le corps apprend à faire face à des situations de plus en plus difficiles, sans rien perdre de son unité.

Exemple de déséquilibre contrôlé

Exemple de déséquilibre contrôlé: le recul du buste est compensé par la tension des bras.

Etirement, relâchement, mise en tension sont les maitres mots de la méthode d’Akuzawa sensei. Cette pratique va amener le pratiquant vers un « corps martial », un corps particulièrement stable, relâché qui s’articule autour de la conscience du centre de gravité et de l’axe du corps, la colonne vertébrale.