Stage du 16/12: Compression-Expansion

Dans les arts du relâchement, certaines aptitudes apparaissent plus facilement que d’autres. Le cheminement classique du pratiquant commence souvent par comprendre comment « faire rentrer » les contraintes qui s’appliquent sur le corps (une poussée par exemple), plus précisément comment transformer une force plus ou moins horizontale en une force verticale redirigée vers le sol (et donc neutralisée).

Une illustration du travail de formation du corps à la redirection horizontale-verticale: le tuishou

Une illustration du travail de formation du corps à la redirection horizontale-verticale: le tuishou

(Notez au passage les alignements corporels des deux pratiquants)

Une fois cette étape bien intégrée, le corps est normalement suffisamment « pétri » pour permettre d’utiliser la gravité afin de générer une force, c’est là que les choses se diversifient considérablement et que les styles se distinguent.

C’est une de ces utilisations que nous allons étudier: la compression-expansion où la capacité par le relâchement à « comprimer » le corps pour créer ensuite une onde de relâchement (d’expansion).

Stage du 02/12: « Bouger avec le lourd »

La question qui revient souvent à l’entraînement (ou sur la plupart des forums sur les arts martiaux) est la suivante: « si je ne dois pas mobiliser de force musculaire dans mes mouvements (en tout cas pas plus que l’absolu minimum), d’où vient la force ? »

Mon hypothèse (en tout cas celle que j’arrive à présent à illustrer) est que le pratiquant « interne » utilise une force universelle, présente en permanence (luke sort de ce corps !): la gravité.

Arrivé à un certain niveau de relâchement, la perception du corps devient celle d’une espèce de conduit reliant le sol au point de contact avec le partenaire. Le contact avec le sol est perçu comme lourd (un peu comme si vous portiez des semelles en plomb) et c’est cette force qui se transmet à travers le corps vers le partenaire, d’où l’expression « bouger avec le lourd »

Pour illustrer ce principe, imaginez que vous portez une boule de bowling au dessus de la tête. Si vous la lâchez sur un partenaire, vous allez générer un impact conséquent sans pourtant utiliser de force musculaire. Imaginez à présent que la boule de bowling c’est en fait votre tête (une des parties les plus dense du corps) et que la force générée par le relâchement vers le bas puisse être redirigée à travers les membres: c’est une des manière de générer de la force dans les arts internes.

Cette image permet de comprendre un des enjeux central dans la pratique des arts « internes »: comprendre comment s’applique la gravité sur le corps du pratiquant.

 

DK YOO propose un travail à mi chemin entre koshi wari et zhan zhuang

DK YOO propose par exemple un travail à mi chemin entre koshi wari et zhan zhuang (posture très large et ouverte pour travailler l’ouverture du bas du dos)

 

Une illustration de zhan zhuang, autre exemple de travail postural

Une illustration de zhan zhuang, autre exemple de travail postural

Stage du 18/11: Comment travailler le corps pour le relâcher

La question du relâchement est centrale dans…. les arts du relâchement. D’apparence (est c’est le premier piège), le pratiquant pourrait penser « qu’il suffit » de se détendre pour progresser ce n’est malheureusement pas aussi simple.

Premier point, le relâchement est un état de corps, pas un état d’esprit, cela signifie qu’il ne suffit pas de se vouloir relâché pour l’être. Deuxième point qui découle du premier, c’est un travail constant (quotidien) car les tensions ont tendance à « s’accumuler » tout simplement en raison de notre vie de tous les jours (travail sur un poste peu ergonomique, mauvaise habitudes posturales, impact du stress sur les tensions musculaires etc etc). Troisième point, il n’y a pas d’effet de seuil, de ligne d’arrivée, de point à atteindre dans le travail du relâchement, il reste toujours une tension (aussi infime mais malheureusement néfaste soit elle) à effacer, le travail continu est donc nécessaire.

Pour y parvenir et selon l’école pratiquée, trois moyens s’offrent aux pratiquants:

  • Les exercices dédiés solo ou à deux (tanren, song gong, tuishou, kunren etc)
  • La technique, qui devient alors un tanren-waza. Maitre Sagawa disait d’ailleurs à ce propos: « Au final, le but de nos techniques est la création du corps Aiki« . Au delà du geste martial l’enjeu est aussi de former le corps (pour avoir justement de moins en moins besoin de la technique pour être efficace)
  • La pratique de la forme (kata etc) qui assure souvent la transition entre la construction du corps (statique) et le mouvement à visée martiale.

 

photo-2-copie-11Différents furibo, un classique de la formation du corps dans la tradition martiale japonaise

Au delà de la nature des exercices, le plus important reste la qualité de ceux ci. En d’autres termes tant que vous travaillez dans la bonne direction (mais elle est très subtile) peu importe la nature de votre pratique (si tant est bien sur qu’elle tende au relâchement). Ce sera probablement le sujet de mon prochain article !

A très bientôt.

Stage du 28/10: Prendre le contrôle

Une manière intéressante de définir un art martial consiste à identifier son « effet tactique majeur »: percuter, projeter, contraindre, amener au sol etc. Dans la plupart des arts martiaux, sports de combat etc, cet effet est particulièrement lisible (le judo n’est pas un art de percussion par exemple) et l’opposition qui en découle se résout à partir de quelques paramètres: force, masse, vitesse, technique.
En résumé, c’est le plus lourd, rapide, fort et technique qui l’emporte quasi systématiquement.
Sagawa sensei, dont le niveau dans cette capacité est sans comparaison

Sagawa sensei, dont le niveau dans cette capacité est sans comparaison

La particularité des arts du relâchement réside dans leur capacité à dépasser ce cadre « classique » de l’antagonisme, c’est d’ailleurs la condition sine qua non à leur efficacité: ils neutralisent les capacités de l’adversaire. Le combat dans ces disciplines ne consiste donc pas à être plus fort ou plus rapide mais plutôt à empêcher l’adversaire de se servir de sa force ou de sa vitesse.
La grande question est comment y parvenir ? Cette capacité (souvent auréolée d’un mysticisme énergético-gélatineux) réside dans la capacité à « embarquer » le partenaire dans son propre relâchement pour le faire flotter. Plus concrètement, lorsque vous prenez le contact avec l’adversaire et que vous relâchez très profondément, ce relâchement va générer un effet d’élévation chez l’adversaire qui va le couper de ses appuis neutralisant ainsi plus ou moins complètement ses capacités à se déplacer ou même à conserver son équilibre.
MAJ au 28/10: quelques photos
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Stage du 14/10: Bouger par le relâchement

Le sujet de ce qu’est de « l’interne » versus de « l’externe » reviens fréquemment sur les tatamis avec le plus souvent des définitions pour le moins approximatives. Avec le temps, j’en suis arrivé à une définition toute personnelle qui se résume au principe suivant: dans « l’interne » c’est le relâchement qui génère le mouvement et le mouvement qui génère la force. J’évite donc le plus souvent de parler d’interne vs externe au profit des « arts du relâchement » vs les « arts en contraction ».
Pendant longtemps j’ai cru que je devais bouger en étant le plus relâché possible et c’est une erreur, je me suis retrouvé à faire du « Waza mou » de la technique faite sans explosivité face à des attaques ultra complaisantes. Le principe des arts du relâchement se situe au delà: dans la génération du mouvement par le relâchement et non pas avec du relâchement et c’est fondamentalement différent.
Shiko par Akuzawa sensei, notez l'absence de tension musculaires

Shiko par Akuzawa sensei, notez l’absence de tension musculaires

Dans Shiko par exemple, c’est bien le relâchement opéré dans un corps étiré selon sa diagonale qui va faire bouger l’ensemble (et pas le fait de tirer sur le bras comme un bourrin comme j’ai pu le faire pendant des années…..)
Le programme de ce samedi va donc tendre vers cet objectif, comprendre comment générer du mouvement par le relâchement. En préambule, nous reviendrons sur comment construire un corps relâché suivi d’un travail avec partenaire pour identifier où se trouve les blocages.
A bientôt !!
MAJ 15/10
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Stage du 30/09: Relâchement, verticalité et mobilisation du centre de masse

Un des enjeux des arts internes réside dans la capacité à mobiliser l’inertie générée par un centre de gravité le plus dense possible. Former le corps de manière à disposer en permanence de cette force d’inertie est à la fois la première et la dernière étape du parcours: la première car sans cette capacité, inutile d’aller plus loin et la dernière car elle ne connait pas de limite et nécessite d’être constamment travaillée.
En résumé, comprendre comment la gravité s’applique sur le corps, la laisser s’écouler pour l’amener au niveau de la ceinture pelvienne et ensuite la mobiliser doit être un axe de travail permanent qui passe nécessairement par le relâchement. Sur le plus long terme, l’objectif est de bouger selon un principe très différent de la normale: le corps humain bouge selon le principe du « pendule inversé » (le poids du pendule étant la tête) nous cherchons donc à inverser le « pendule inversé » et à bouger à partir d’un centre dense situé beaucoup plus bas. Vous comprenez ici qu’après le relâchement, l’autre qualité à développer est donc la verticalité qui permet de rediriger le poids de la tête vers le bas.
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Une image résumant les principes évoqués
MAJ au 03/10/2017
Quelques images du stage
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Le Dan Tian

Cet article est une adaptation assez libre d’un document de Sifu Bluestein (http://cookdingskitchen.blogspot.gr/2014/07/dan-tian-in-internal-martial-arts.html). Traduit plus ou moins de manière automatique, la syntaxe est loin d’être parfaite. J’ai aussi volontairement omis des passages dont je ne maitrise pas le sens.

 

Research of martial Arts, l'excellent ouvrage de sifu Bluestein

Research of martial Arts, l’excellent ouvrage de sifu Bluestein

 

Le Dan Tian

 

Le Dan Tian se situe au milieu du ventre, approximativement trois doigts au-dessous du nombril. Dans la pratique, la région désignée sous l’appellation  «Dan Tian» englobe la majeure partie du contenu intérieur de l’abdomen entre le milieu de la ligne de l’entrejambe et le nombril.

Il est impossible de ne pas utiliser la zone du Dan Tian. La musculature dans cette région est impliquée dans la plupart des mouvements complexes que nous faisons dans la vie quotidienne. Par conséquent, la zone du Dan Tian est active dans tous les arts martiaux. Ce qui distingue les arts internes, c’est qu’ils ont des méthodes pour développer un contrôle raffiné sur cette zone. L’utilisation du Dan Tian n’est pas le secret final de tous les arts de combat, c‘est simplement une méthode supplémentaire parmi beaucoup d’autres. Les méthodes de développement du Dan Tian sont plus communes dans les différents arts martiaux que les pratiquants ne l’imagine, elle ne sont simplement pas expliquée comme telle d’où une certaine confusion.

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Le développement du Dan Tian permet de générer deux types de bénéfices martiaux:

1. Un volant – cette zone peut être utilisée pour aider à orienter les mouvements du reste du corps. A un niveau plus avancé, on peut se connecter au centre de gravité de l’adversaire, et utiliser son propre Dan Tian pour le diriger.
2. Un mouvement de moteur, la zone du Dan Tian peut initier le mouvement de tout le corps, et ainsi générer de la puissance.


Ces deux objectifs ne sont pas contradictoires. Le Dan Tian est censé fonctionner en douceur à la fois comme un volant et un moteur.

 

Les bases

La première étape du développement du Dan Tian passe par le travail respiratoire. Sans apprentissage d’une respiration profonde et correcte dans la zone du Dan Tian, il ne peut pas être «développé». Abaisser le souffle dans cette zone est simple, et peut être enseigné en moins d’une minute à la plupart des gens. Cependant, maintenir une telle respiration pendant des périodes de temps prolongées peut s’avérer extrêmement difficile, en particulier lors de déplacement. C’est en partie pourquoi, dans les Arts Internes, nous avons des exercices semi-méditatifs répétitifs tels que Zhan Zhuang, la marche en cercle ou « dérouler la soie » (Silk Reeling), qui permettent au corps de s’habituer à la respiration correcte et de construire un corps martial connecté.

 

czl-zhan-zhongChen Xiaowang pratiquant Zhan Zhuang « la posture de l’arbre » (si ça vous fait penser à maho, ce n’est pas un hasard)

En vidéo avec les sous titres en anglais


Lorsque le principe de la respiration du Dan Tian est assimilée par le pratiquant, il va commencer à mieux sentir cette région. La tentative même de respirer correctement crée plus de terminaisons nerveuses dans cette région et augmente sa sensibilité. Cela prend du temps, des mois voire des années. Le stade le plus avancé de la respiration se construit à travers les techniques suivantes:

– Respiration inverse: Apprendre à étendre le Dan Tian tout en expirant, et le dégonfler en inhalant (le contraire de notre modèle respiratoire naturel).

– Dan Tian en poussant: Pousser l’air dans le Dan Tian lors de l’émission de Fa Jin (puissance explosive), pour ajouter de la force. Cela a également l’avantage de protéger l’abdomen si il est frappé au cours de l’attaque, (sous réserve que le timing soit correct) cette technique permet de faire rebondir la frappe voire de blesser l’attaquant. Malheureusement, c’est un stade que la plupart des pratiquants n’atteignent jamais, soit parce qu’ils n’ont pas été assez patients, ou tout simplement parce que cela ne leur est pas enseigné.

Rotation du Dan Tian

C’est la méthode la plus courante d’utilisation du Dan Tian. Il est perçu comme une grande boule déplacé de manière circulaire. Il peut tourner à gauche et à droite, en haut et en bas, et en diagonale. Les cercles sont utilisés comme initiateurs de mouvements du corps entier, et pour donner de l’élan à ces mouvements (le «moteur»). Dans le même temps, les cercles faits avec le Dan Tian sont coordonnés avec les mouvements circulaires du reste du corps (le «volant»), comme le volant d’une voiture manœuvre de loin les mouvements des pneus.

Les rotations du Dan Tian avec une boule de Taiji

Une personne touchant le ventre d’un pratiquant sentira son Dan Tian comme une balle tournante. À mesure que la compétence augmente, le point focal de rotation devient de plus en plus petit. Les années de pratique peuvent conduire à un niveau de contrôle qui peut réduire la taille du point focal manipulé à celui d’une médaille voire la pointe d’un doigt. Avec le temps, le pratiquant nécessite de moins en moins de mouvement du Dan tian pour générer la même quantité de contrôle et d’élan.

Les méthodes les plus courantes pour développer la rotation du Dan Tian impliquent le déplacement des mains d’une manière circulaire qui « entraine » les mouvements du corps et une respiration correcte, le tout exécuté  lentement pour permettre au Dan Tian de prendre le contrôle. Cela est très évident dans des exercices du Chen Taiji Quan’s ‘Silence Reeling’ et Dai Xin Yi ‘Squatting Monkey’.

Le singe qui s’accroupit
Le Dan Tian réagit naturellement mieux aux mouvements circulaires qu’aux mouvements linéaires. Une autre exigence pour construire le Dan tian réside dans la lenteur des mouvements, un aspect fréquemment souligné dans les arts internes. 
Une méthode supplémentaire pour la formation du Dan Tian réside dans l’utilisation de grands poteaux en bois ou de lances. Dessiner des cercles dans l’air avec ces armes est très efficace: le levier qu’ils créent engage la musculature du centre et naturellement suscite la mobilisation du Dan Tian. Certains mouvements spécifiques, comme Lan-Na-Zha à la lance, sont plus efficaces que d’autres dans son développement.

La formation du Dan Tian à travers le travail à la lance

Lorsqu’il est correctement entraîné, le Dan Tian peut être intégré dans la plupart des mouvements (en position debout, à genoux ou même assis).
En conclusion
Vous l’aurez compris, tout n’est pas directement transposable dans l’Aunkai mais des similitudes existent. Cet article à le mérite de poser les bases traditionnelles chinoises du travail du centre, certains aspects étant venu assez naturellement chez moi avec le temps (le fait de relâcher et donc d’étendre la région du Dan Tien lors de frappes par exemple), il m’a semblé pertinent de vous en faire part.
A très bientôt
M.

Stage avec Miyakawa San les 21 et 22 Janvier

Bonjour à tous

Je vais avoir le plaisir de recevoir à nouveau le plus ancien élève d’Akuzawa sensei à savoir Miyakawa san. En plus d’être un pratiquant particulièrement avancé dans l’Aunkai, c’est un excellent pédagogue et avec la fin des formules type « MASTERCLASS » c’est probablement la manière la plus accessible pour aborder cette méthode.

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Le stage se déroulera du samedi 21/01 de 10h à 12h et de 14h à 17h puis le dimanche 22/01 de 09h à 12h et de 14h à 16h.

A noter qu’il passera au préalable donner un cours au Torii Dojo, 23 rue de la Sourdière à Paris (dans le premier arrondissement), le vendredi 20 janvier de 20h00 à 22h00 (infos sur FB/RS aunkai)

Le programme va s’inscrire dans la continuité du précédent:
1. Building a Bujutsu structure.
2. Move the structure with imaginary swords.
3. The mechanics of Kuzushi

Avec probablement un focus sur ce dernier point (ayant été traité de manière un peu rapide en septembre)

 

Préinscriptions obligatoires (terme de rigueur le 09/01) en communiquant vos noms, prénoms, date et lieu de naissance par mail: ungyo.dojo@gmail.com.

Plus d’infos par PM ou par l’adresse mail ci dessus

A bientôt

M.

Le Dojo

Ungyo est un des deux « Aun » les gardiens des temples bouddhistes au japon. Il se tient dressé, souvent armé d’une épée, la bouche fermée symbole de la puissance latente.

10253286b2Agyo (à gauche) et Ungyo (à droite)

Nous nous retrouvons deux samedi par mois à Vincennes pour 6 heures de stage. L’enseignement se réparti entre l’apprentissage des Tanren (les exercices solo) et la pratique des Kunren (les exercices à deux) surtout dans l’idée de vérifier le niveau de construction du corps.

Pour plus d’info: ungyodojo@gmail.com

Une vidéo d’introduction

https://www.youtube.com/watch?v=AtcNd4Zsyoo