L’effet Furibo

J’essaye, par période de 6 mois, d’explorer de nouvelles pistes dans mon entrainement quotidien. Si certaines se sont avérées peu concluantes (le gainage notamment) d’autres se sont révélées particulièrement intéressantes. Je vous livre l’une d’entre elle : le travail au furibo.

furibo

Un exemple de furibo « maison »

Le furibo est une merveille de la technologie japonaise : fiable (un furibo dure une vie), polyvalent (il peut servir à terroriser vos voisins), esthétique (il fera le meilleur effet dans votre bureau), c’est surtout un moyen redoutablement efficace de travailler le corps.

D’où m’est venue l’idée de me procurer cet objet et de travailler avec ?

Le premier déclic remonte un peu, je m’étais beaucoup entrainé au fameux tanren à la lance (la première version celle où l’on s’incline légèrement vers l’avant et qui travaille d’autres paramètres) et je sollicitais régulièrement sensei pour qu’il me montre d’autres exercices. De guerre lasse, il a fini par me monter un tanren ressemblant à STJK en me précisant « celui-là c’est un tanren au sabre ». N’ayant strictement rien compris de la différence entre ce tanren et STJK, je l’avais laissé dans un coin de ma tête après avoir tenté sans succès de le travailler.

Le second déclic s’est opéré suite au visionnage de cette vidéo.

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Je ne vous cache pas que j’ai blêmi à la vue du monstre que ce sensei utilise, surtout qu’à l’époque je m’étais justement procuré un tsuburi (sorte de Bokken lourd d’un kilo et demi) qui est justement utilisé au début de la vidéo. Je me suis donc procuré son DVD (qui n’apporte rien de plus que la vidéo, pas la peine de l’acheter !!) et j’ai bien observé son travail et surtout son hypothèse sous-jacente : travailler lourd permet de sentir le travail du corps.

Je me suis donc procuré un « petit furibo » de 3 kilos (qui est effectivement un des plus petit modèle, les plus lourds vont jusqu’à 16 kilos !!) et commencé à pratiquer essentiellement deux exercices.

 furibo

Exemples de furibo, de gauche à droite, 16kg, 1,6kg et le modèle que j’ai retenu: 3kg

Dans ce premier exercice, le but est de relâcher le haut du corps et de ramener la tension suscité par le furibo vers le tandien. C’est particulièrement efficace pour contrôler son niveau de relâchement des épaules et surtout sa capacité à relâcher le haut du corps vers le torse puis de s’enfoncer dans les Kuas.

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Le deuxième est encore plus intéressant, je l’ai baptisé le « mojo generator » c’est en effet l’exercice qui m’a permis de comprendre comment générer la force à partir du tandien, sensei l’a d’ailleurs validé lors du dernier séminaire en me disant « oui celui-là c’est bien ».

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L’idée de cet exercice est similaire au premier, sauf que vous êtes obligé pour bouger de travailler en ouverture-fermeture du corps à partir du centre. Bien pratiqué, il permet de sentir une espèce de roulement/vague/transfert entre les deux kuas (le Mojo :p) qui est la même sensation que celle utilisée pour percuter.

C’est aussi un travail intéressant pour laisser tomber le haut du corps dans les Kuas, permettant ensuite d’effectuer ce genre de redirection de force

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En conclusion l’idée centrale de ce type de travail est que de travailler lourd on devient capable de sentir la différence entre relâchement et connexion, ce qui n’a rien d’évident au départ. Avec plusieurs kilos au bout des bras, si vos connexions ne sont pas en place, le muscle se contracte d’autant plus fort que le poids est conséquent vous donnant ainsi un signal très clair que quelque chose n’est pas en place.

Néanmoins je pense que l’idée n’est pas de faire la course au furibo le plus lourd possible, simplement de trouver l’équilibre entre le poids et les sensations, pour ma part à 80 kilos de poids de corps, le 3kg me convient très bien.

Si vous souhaitez vous lancer dans ce type de pratiques, je vous invite à la prudence, j’ai pratiqué plus de 6 mois au tsuburi (1,5kg) avant d’attaquer plus lourd, je ne me suis jamais blessé mais j’ai eu parfois quelques douleurs après une séance mal maitrisée.

 

A bientôt

 

Manu

  6 comments for “L’effet Furibo

  1. 8 décembre 2013 at 2 h 13 min

    Salut Manu,

    Ça fait un moment que je pense ajouter ce travail à mon entraînement également (depuis que j’ai touché un furibo de 16kgs dans un dojo de Toyama Ryu en fait), mes principaux soucis étant de m’en procurer un ici et d’éviter la blessure. Pour le moment je pratique des suburi réguliers soit avec un bokken d’1kg, soit avec un bo pour préparer le corps. Il est fort possible que n’investisse dans plus lourd d’ici quelques mois

    Merci pour l’article, c’est très intéressant d’avoir un retour à ce sujet

    A bientôt,
    Xavier

  2. Manu aka KFM
    8 décembre 2013 at 8 h 49 min

    Bonjour Xavier

    C’est une pratique que je trouve aussi efficace que méconnue (au moment ou j’ai posté « furibo quelque chose » sur youtube, je suis sorti dans les premiers sur Google, c’est dire la pauvreté des sources).
    J’ai fait venir le mien du japon à la faveur d’un des séminaires de sensei, sinon c’est parfaitement inabordable, je pense m’en fabriquer un autre sur la base d’un tasseau passé au tour à bois (ce qui est plus ou moins ce que sensei Matsuba a fait d’ailleurs).
    Pour ce qui est d’éviter la blessure, si tu es déjà bien entrainé ça ne devrait pas poser de problème.
    Merci de tes encouragements et à bientôt

    Manu

  3. Benoît (BXL)
    8 décembre 2013 at 22 h 07 min

    Bonjour Manu,
    Quelque temps déjà que je pratique des exercices de coupe similaires (et d’autres) avec un suburito d’1,3/1,4 kg. Très formateur. Tout ce qu’on a besoin de comprendre pour l’aïkido et pratiques voisines en termes de formation du corps y est. Plus lourd ça me paraît chaud. Le STJK avec furibo me paraît délicat pour les genoux… non ? Quid du même exo sans plier la jambe arrière (cf. le tanren tai no henko du DR, ici : http://www.budoshugyosha.com/tanren-sagawa/, ou happo giri de l’aïkido pour la même chose dans six directions) ?
    A bientôt
    Benoît

  4. Manu aka KFM
    8 décembre 2013 at 22 h 33 min

    Bonsoir benoit

    Pour le poids tout va dépendre de ton poids de corps, pour moi 1,5kg ne me permet pas de faire la différence entre travail relâché (bien mais pas suffisant) et connexions. Pour ce qui est de STJK avec le furibo, je peux t’assurer que c’est absolument sans danger (j’ai les genoux assez sensibles) c’est d’autant plus vrai que le mouvement part du centre et que membres ne font que suivre et que un des paramètres consiste justement à maintenir l’arche et ne pas mettre les genoux en porte à faux.
    J’ajouterai que STJK vient justement d’un suburi au sabre, ca n’est finalement qu’un retour au source !!

    Cordialement

    Manu

  5. ian
    27 décembre 2013 at 12 h 19 min

    Bonjour Manu,
    Dans ton article, ce que je trouve intéressant ce sont tes périodes de recherches.
    Aussi serait il possible de développer un peu plus, pourquoi as tu ressenti que le gainage n’était pas un axe de travail dans lequel tu continuerais?
    Bien à toi
    Ian

  6. Manu aka KFM
    27 décembre 2013 at 14 h 00 min

    Bonjour Ian

    Je pense que le gainage, même si c’est une pratique intéressante et globalement très saine pour tout sportif, n’est pas rentable en Aunkai, je m’explique.

    Ce n’est pas du temps perdu, loin s’en faut mais il y a des exercices plus pertinents à pratiquer. Je pense que la méthode de sensei ne consiste pas à employer certains muscles à la place d’autres, mais plutôt de tout coordonner de manière harmonieuse. En bref, l’aunkai c’est certes muscler et entrainer mais c’est surtout connecter les différentes parties du corps entre elles et le gainage n’est pas le meilleur exercice pour celà.

    Cordialement

    Manu

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